La Maison des cultures urbaines de Ouakam a vibré, ce mercredi 3 juin, au rythme du lancement officiel de la deuxième édition du festival Urbanoiz. Organisé par l’association Impact Sénégal, l’événement investit la capitale sénégalaise du 3 au 13 juin 2026 pour dix jours de cultures urbaines, portés par une alliance artistique inédite entre le Sénégal et le Danemark.
Par Malick GAYE – Ça y est ! La deuxième édition du festival Urbanoiz a été lancée hier. C’est Amadou Fall Ba, Coordonnateur général d’Impact Sénégal et directeur du festival, qui a donné le ton. Derrière les projecteurs et les platines, il y a une conviction profonde : le festival doit être, avant tout, un terrain d’apprentissage vivant. «Le plus important pour nous, c’est d(en faire un laboratoire technique pour nos apprenants», a-t-il déclaré. Car Impact Sénégal ne se contente pas de programmer des concerts. L’association pilote deux centres de formation professionnelle dédiés aux métiers des arts et de la culture, l’Institut Impact et l’Institut Sénégal Talent Campus, et le festival constitue pour leurs étudiants une mise en situation réelle, au plus près des réalités du métier. Son, lumière, régie, musique assistée par ordinateur, breaking : les disciplines enseignées trouvent dans Urbanoiz leur meilleur banc d’essai. Dans un secteur où l’insertion professionnelle reste un défi, offrir aux jeunes techniciens et artistes un espace de pratique grandeur nature n’est pas un détail. C’est le cœur du projet.
Teranga rencontre Hygge
La grande nouveauté de cette édition tient à son axe international. Une délégation d’artistes danois fait le déplacement à Dakar, dans le cadre d’un partenariat qui prend tout son relief à l’heure où le Sénégal s’apprête à accueillir les Jeux Olympiques de la Jeunesse. Amadou Fall Ba y voit une convergence naturelle : «Ce sont deux expressions sénégalaises et danoises qui se ressemblent beaucoup et qui donnent encore de la valeur au festival.» Deux résidences artistiques baptisées DK2DK, Denmark to Dakar, tisseront des liens entre artistes des deux rives autour du hip-hop et de la danse. Du côté scandinave, on attend les rappeurs SSMA et Zeyna, les danseurs Emilio et Marcus, ainsi que trois graffeurs, Mathias, Anton et Epi.
La programmation sénégalaise réunit une soixantaine d’artistes locaux autour de trois têtes d’affiche : Ashs The Best, Ngaaka Blindé et Dip Doundou Guiss. Ce dernier assurera le concert de clôture au Foyer des jeunes de Ouakam, tandis que le concert d’ouverture, baptisé «Teranga-Hygge», est prévu le vendredi 5 juin à la Maison de la culture Douta Seck. Le 6 juin, la Place des cultures urbaines accueillera le concert Génération Hip-Hop.
40% féminin, 100% gratuit
Parmi les marqueurs forts de cette édition, figure une programmation résolument inclusive. «On est à 40% de programmation féminine cette année», a affirmé Amadou Fall Ba, signalant un effort délibéré pour ouvrir davantage la scène aux artistes femmes. Et pour que la fête soit pour tout le monde : le festival est entièrement gratuit et ouvert à toutes et à tous.
Urbanoiz 2026 accueille également plusieurs projets en mutualisation. La 19e édition du Battle national, portée avec l’association «Kaay Fecc», se tiendra en marge du festival. La grande finale du tremplin Impactalent, soutenu par l’Institut français de Dakar, est programmée le 12 juin à partir de 19h, avec douze finalistes en compétition. Le projet Dames hip-hop, mené conjointement avec «Assalamalekoum Cultures» de Nouakchott, proposera une résidence à Dakar suivie d’un concert, avant une déclinaison mauritanienne.
Amadou Fall Ba a tenu à souligner une ambition qui, au Sénégal, tient presque de la gageure : des concerts qui commencent et se terminent à l’heure. En attendant que le chronomètre tourne, Dakar a rendez-vous avec ses cultures urbaines.
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