Le Collectif interministériel des agents de l’administration sénégalaise (Ciaas) est monté au créneau, ce dimanche 26 juillet, pour dénoncer une nouvelle vague de licenciements jugés «abusifs» dans les secteurs public et parapublic. Pointant du doigt le comportement de certains directeurs généraux qui irait à l’encontre de la politique de réconciliation sociale prônée par les nouvelles autorités, le collectif demande une intervention urgente du Premier ministre pour suspendre immédiatement tous les renvois et procéder à la réintégration des agents impactés.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Le Collectif interministériel des agents de l’administration sénégalaise (Ciaas) tire la sonnette d’alarme face à une nouvelle série de licenciements qu’il qualifie d’«abusifs» dans plusieurs structures publiques et parapubliques. Dans un communiqué publié ce 26 juillet à Dakar, le collectif estime que ces décisions compromettent le dialogue social et vont à l’encontre de la politique de protection des travailleurs prônée par les autorités.
Selon le Ciaas, ces licenciements interviennent paradoxalement alors que le gouvernement a engagé, sur instruction du Premier ministre, un processus de réintégration de travailleurs précédemment licenciés au Port autonome de Dakar, à Dakar Dem Dikk et au ministère des Mines et de la géologie. Le collectif juge que certains directeurs généraux poursuivent néanmoins des licenciements qui fragilisent la dynamique de réconciliation sociale impulsée par les nouvelles autorités.
Le communiqué recense plusieurs cas récents. A la Direction générale de la réglementation et de la construction de l’habitat, un économiste financier aurait été licencié après plusieurs mois d’«acharnement». Au sein de la Sn-Hlm, neuf cadres ont perdu leur emploi pour motifs économiques. Huit agents du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (Puma) ont également été licenciés pour le même motif, tandis que 32 agents du Programme de formation école-entreprise ont été remerciés sous l’ancienne tutelle du ministre Moustapha Njekk Sarré.
Le Ciaas soutient que les motifs économiques invoqués ne respectent pas les dispositions du Code du travail. Il affirme en outre que ces départs seraient suivis de recrutements à caractère politique destinés à remplacer les agents licenciés, une pratique qu’il juge «inadmissible et inacceptable». Face à cette situation, le collectif interpelle le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô. Il demande l’abrogation de la circulaire n°0000754/Pm/Cab/Dc du 19 juin 2024, invoquée, selon lui, pour justifier certains licenciements, ainsi que l’adoption d’une nouvelle circulaire ordonnant la suspension immédiate de tous les licenciements dans les structures publiques et parapubliques, et la réintégration des travailleurs concernés.
Pour le Ciaas, cette démarche est indispensable afin de préserver la stabilité du climat social et répondre à l’ambition des autorités de bâtir un Sénégal «nouveau, réconcilié et émergent».
latifmansaray@lequotidien.sn

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