Réunis à Nianing pour célébrer les Journées mondiales de la jeunesse (Jmj), ce dimanche, des milliers de jeunes fidèles ont reçu un message de rupture avec l’immobilisme. Sous l’égide de Mgr André Guèye, la jeunesse catholique a été exhortée à troquer la résignation contre une «espérance active», s’inspirant de la victoire du Christ pour devenir actrice du changement dans l’Eglise et la société sénégalaise.

Par Alioune Badara CISS – La jeunesse catholique est ainsi appelée à «sortir du tombeau» de la résignation : Le 5e dimanche de Carême a pris une dimension exceptionnelle cette année à Nianing. Dans une atmosphère mêlant ferveur et recueillement, la jeunesse diocésaine a célébré ses Jmj autour d’un thème fort : «Prenez courage ! Moi, j’ai vaincu le monde.» L’homélie de Mgr André Guèye a résonné comme un vibrant plaidoyer contre le fatalisme, invitant une génération confrontée aux doutes socio-économiques à puiser dans la foi le moteur de son action. Avec le courage comme arme contre le défaitisme. S’appuyant sur l’Evangile de la résurrection de Lazare, l’Ar­chevêque de Dakar a souligné que l’invitation du Christ n’est pas une simple formule de réconfort, mais une véritable arme de combat. «Nous avons besoin d’entendre cette parole face à nos craintes d’aujourd’hui et de demain, pour ne pas nous laisser vaincre par le fatalisme, le défaitisme et la résignation», a-t-il martelé devant une assemblée attentive.

Pour l’Eglise, le miracle de Lazare illustre que l’impuissance humaine face à l’échec peut être transcendée par la foi. «Seul celui qui a le pouvoir de vaincre la mort peut dire : «moi, je suis la résurrection et la vie»», a rappelé le prélat, liant ainsi le texte biblique aux réalités des Jmj 2026.

Refuser la vie «par procuration»

L’un des moments les plus marquants de l’homélie a été l’interpellation directe des jeunes sur leur mode de vie. Citant le Pape François, le célébrant a mis en garde contre la passivité : «Ne regardez pas la vie passer depuis un balcon, ne confondez pas le bonheur avec un divan, ne passez pas votre vie entière derrière un écran.»

Il a exhorté les fidèles à ne pas offrir le «triste spectacle d’un véhicule abandonné», dénonçant avec fermeté la culture de l’attente passive («xaar, bank sa loxo»). Pour Mgr Guèye, le jeune chrétien doit incarner une «espérance active», s’impliquant dans la cité avec compétence et loyauté.

Une mission citoyenne et spirituelle

Au-delà de la dimension spirituelle, l’appel de Nianing a pris une coloration citoyenne. Les jeunes ont été encouragés à mettre leur énergie au service de leurs paroisses et, plus largement, du Sénégal. «La foi doit impulser une dynamique d’enthousiasme et de responsabilité. Il s’agit d’être courageux dans nos choix de vie et de servir notre pays avec cohérence», a conclu le célébrant, avant de bénir les projets et les rêves de cette jeunesse.

Alors que le Carême touche à sa fin, les pèlerins de Nianing sont repartis avec une mission claire : bannir le «à quoi bon» et s’accrocher à la promesse d’une vie transformée par l’engagement.

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