Deux ans après l’adoption du Pacte pour l’avenir, les dirigeants africains se sont réunis à New York pour évaluer les progrès accomplis. En première ligne, le Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a plaidé pour une réforme en profondeur de la gouvernance financière et fiscale internationale, appelant à transformer les promesses diplomatiques en résultats concrets pour la jeunesse et le développement du continent.

Réunis ce 22 septembre au siège des Nations unies, dirigeants africains et hauts responsables internationaux ont dressé le bilan de la mise en œuvre du Pacte pour l’avenir, deux ans jour pour jour après son adoption. Au cœur des débats : la persistance des freins structurels au développement du continent et l’urgence d’un système financier mondial plus juste. S’exprimant en sa double qualité de Président du Sénégal et de président en exercice de la Cedeao, Bassirou Diomaye Faye a vivement dénoncé l’étau de la dette qui asphyxie les économies africaines. «La majeure partie des ressources financières est consacrée au service de la dette», a-t-il déploré, soulignant combien cette situation prive des secteurs vitaux comme la santé, l’éducation et les infrastructures d’investissements essentiels.

Une voix plus forte pour l’Afrique

Pour renverser cette tendance, le chef de l’Etat sénégalais a appelé à une révision globale de l’architecture financière internationale, ainsi qu’à une meilleure représentativité de l’Afrique au sein des instances de décision mondiales. Plaidant pour l’aboutissement de la Convention-cadre des Nations unies sur la coopération fiscale, il a également réaffirmé le rôle moteur que doit jouer la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) pour briser la fragmentation des marchés locaux.

Une posture partagée par la Présidente de la Namibie, Netumbo Nandi-Ndaitwah, qui menait les discussions : «l’Afrique ne demande pas de l’argent gratuit. L’Afrique veut l’équité», a-t-elle martelé, rappelant l’alignement stratégique entre le Pacte de l’Onu et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

De la gouvernance de l’Intelligence artificielle au renforcement des opérations de paix, plusieurs avancées ont été saluées par le Secrétaire général adjoint de l’Onu, Guy Ryder. Toutefois, la priorité absolue reste le passage des paroles aux actes. Pour garantir ce suivi, le Président kényan William Ruto a proposé la rédaction d’un rapport d’évaluation conjoint entre l’Ua et la Cea d’ici 2028. De son côté, Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique, a suggéré la mise en place d’un tableau de bord annuel axé sur des indicateurs concrets : création d’emplois, baisse des coûts de production et amélioration de la connectivité.

Jeunesse et souveraineté numérique

Au-delà des grands équilibres macroéconomiques, le sommet a placé la jeunesse et la transition numérique au centre de la trajectoire africaine. Comme l’a rappelé la Conseillère spéciale de l’Onu pour l’Afrique, Ahunna Eziakonwa, le succès du pacte se mesurera à sa capacité à transformer le quotidien des citoyens, de la cheffe d’entreprise solaire au Nigeria au ministre des Finances libéré de la contrainte budgétaire.

A l’approche des prochaines échéances de 2027 et 2028, le message envoyé depuis la tribune des Nations unies est clair : l’Afrique, co-auteure du pacte, entend désormais imposer ses priorités et exiger des résultats directement mesurables sur le terrain.