L’Action pour le développement et la souveraineté (Ads) franchit une étape charnière. Réunie en Assemblée générale constitutive, l’organisation a officialisé sa mutation en parti politique. Entre ancrage dans la Coalition Diomaye Président, pragmatisme économique et justice sociale, l’Ads entend redéfinir les contours de l’échiquier politique sénégalais.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – L’Action pour le développement et la souveraineté (Ads) amorce un tournant décisif. A l’issue de son Assemblée générale constitutive, qui a rassemblé des délégués venus de nombreux départements du pays, le mouvement a formellement acté sa transformation en parti politique. Une structuration qui s’accompagne de l’adoption imminente d’un nouvel organigramme.
Jusqu’ici Coordonnateur national, Abdoul Wahab Ka, Administrateur civil principal de classe exceptionnelle à la retraite, est pressenti pour prendre la présidence de la formation. Il porte une bannière idéologique précise : le «libéralisme à visage humain». Pour lui, il s’agit de concilier l’impératif de l’initiative privée et l’attractivité économique avec une exigence de justice sociale. «Le monde actuel impose une ouverture aux flux financiers et à l’entrepreneuriat. Mais ce modèle doit placer l’homme au cœur de son dispositif. Les richesses créées doivent bénéficier aux citoyens et non être confisquées par une minorité», a-t-il martelé.
Redresser l’économie par le travail et la confiance
Dans un contexte marqué par la pression de la dette et des attentes sociales vives, l’Ads se veut force de proposition. Le parti érige la «philosophie du travail» en moteur de création de richesse, tout en militant pour un climat des affaires assaini. Parmi les urgences identifiées : le rétablissement d’un dialogue constructif avec les institutions financières internationales, notamment le Fmi, afin de sécuriser les financements nécessaires au développement national.
Mamadou Mbodj, Secrétaire général du parti et ancien Préfet de Pikine, insiste sur la singularité du déploiement de l’Ads : «Contrairement à de nombreuses formations, nous avons d’abord bâti une base nationale solide durant plus d’un an et demi avant de formaliser notre existence juridique.» Fort de ce maillage territorial, le parti, membre de la Coalition Diomaye Président, ne cache plus ses ambitions électorales, notamment pour les prochaines échéances locales.
Le programme de l’Ads fait de l’équité sociale et spatiale un axe prioritaire. Mamadou Mbodj pointe avec sévérité les disparités régionales, dénonçant l’enclavement et le manque d’infrastructures dans les zones reculées. La décentralisation est également dans le viseur de l’ancien Préfet. Selon lui, le transfert de compétences demeure une «coquille vide» : «Les compétences sont transférées, mais les ressources ne suivent pas. Cette asymétrie paralyse l’efficacité des collectivités territoriales.»
Enfin, l’Ads mise sur une refonte du système éducatif. Le parti préconise d’orienter massivement la jeunesse vers la formation professionnelle et l’entrepreneuriat, avec un focus sur l’agriculture et l’élevage, véritables poumons économiques du Sénégal.
En franchissant ce cap, l’Action pour le développement et la souveraineté se positionne comme un acteur qui refuse le dogmatisme, cherchant la synthèse entre croissance économique, souveraineté et solidarité nationale.
latifmansaray@lequotidien.sn

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