Le projet musical «Ndajé Ndongo» vient de paraître. Réunissant les talents de la Dolph Académie, cet opus de 15 titres fusionne les racines sénégalaises et la pop internationale. Derrière cette œuvre, se cache une aventure humaine singulière née d’une rencontre fortuite entre le Franco-Tunisien Mounir Otai et le baryton Ben’Art.
Par A. MBODJI – Le paysage musical sénégalais s’enrichit d’un nouveau projet d’envergure. Lancé le 8 avril dernier à la Maison de la culture Douta Seck, l’album collectif «Ndajé Ndongo» est le fruit d’une collaboration entre les productions H.e.p et Ben’Art Entertainment. Ce projet est avant tout l’histoire d’un destin croisé. En 2024, Mounir Otai, musicien et compositeur habitué des scènes européennes, pose ses valises au Sénégal pour le mariage d’un ami d’enfance en banlieue dakaroise. S’il ne prévoyait pas de travailler durant son séjour, une mélodie persistante et une envie de trouver des chœurs authentiques le poussent à explorer la scène locale. «Je me suis dit : pourquoi pas ici ? L’énergie de Dakar, les voix… il y a quelque chose de spécial», confie-t-il.
Un pont entre les générations
Sa rencontre avec Ben’Art, baryton formé à l’Académie Adolphe (Dolph Académie), va servir de catalyseur. Ensemble, ils imaginent un espace de dialogue entre les langues et les influences. Autour de ce duo, une constellation d’artistes aux univers complémentaires s’est formée pour porter les 15 titres de l’album. Parmi eux, Zey Coco, stagiaire à l’Orchestre national, qui a rejoint l’aventure presque par hasard : «J’étais venue pour un simple dépannage sur deux morceaux. Je suis restée pour l’ambiance et pour ce qu’ils étaient en train de construire. Cela dépassait le cadre d’un simple album», explique-t-elle. De son côté, Mbaye Jop, révélation de «Talents 2025», se souvient de l’alchimie immédiate : «Quand j’ai entendu Ben’Art poser sa voix sur mon premier couplet, j’ai compris que ce projet était spécial.»
L’album porte également une dimension mémorielle. Ndèye Guèye, héritière d’une lignée de musiciens, y voit une transmission : «mon grand-père jouait avec Adolphe Coly (directeur de la Dolph Académie) dans les années 80. Retrouver cette continuité, c’était comme si on me confiait un flambeau», témoigne-t-elle avec émotion.
Une musique «sans frontière»
Le style de «Ndajé Ndongo» se définit comme une musique farouchement enracinée dans les cultures sénégalaises, tout en s’ouvrant avec élégance à la pop internationale. Parmi les morceaux phares, le titre éponyme «Ndajé Ndongo» célèbre les retrouvailles, les souvenirs d’études et la communion des artistes autour de leur passion. Le titre «Wathiel sa bopp», quant à lui, est un hymne à l’humilité. Il rappelle que, par-delà les richesses et les statuts sociaux, l’égalité entre les hommes demeure une valeur fondamentale.
Avec cet album, la jeunesse de la Dolph Académie -représentée aussi par Dina Saliou, Papisco ou encore Vital Diédhiou- prouve sa détermination à contribuer, par l’art, au progrès de la Nation et du continent.
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