Alors que le débat sur la gestion et l’encadrement des fonds politiques refait surface, le Directeur exécutif de l’Ong 3D, Moundiaye Cissé, a tenu à clarifier la position de la Société civile. Si le principe d’une meilleure gouvernance financière est salué, la méthode et le calendrier soulèvent des interrogations quant aux véritables intentions politiques de cette réforme.

La rationalisation des ressources publiques est une exigence de longue date de la Société civile. Sur ce point, le Directeur exécutif de l’Ong 3D se veut clair : l’organisation est fondamentalement favorable à l’encadrement des fonds politiques. Cependant, Moundiaye émet une réserve de taille concernant l’esprit de la réforme en gestation. Selon lui, la législation ne doit pas être un outil de règlement de comptes. «Une loi ne doit jamais donner l’impression d’être conçue contre un adversaire politique», prévient-il, soulignant le risque de voir une réforme institutionnelle majeure perçue comme une simple manœuvre politicienne.

L’argumentaire du responsable de la Société civile pointe également un problème de timing qui entacherait la crédibilité de la démarche. Il rappelle notamment que l’actuel Premier ministre à lui-même eu à gérer et bénéficier de ces fonds politiques par le passé, lorsqu’il occupait d’autres fonctions. Pour l’Ong 3D, si cette volonté de transparence avait été amorcée à cette époque précise, l’initiative aurait eu une portée et une légitimité bien supérieures auprès de l’opinion publique.

Plutôt que de cibler immédiatement les fonds alloués à la présidence de la République, Moundiaye propose d’adopter une démarche progressive basée sur la reddition des comptes. Il invite les autorités actuelles à donner un «signal fort» en posant des actes immédiats. Sa recommandation s’articule autour de deux axes : publier les rapports d’utilisation : rendre publics les documents justifiant l’usage des fonds gérés par la Pri­mature au cours des deux dernières années, évaluer l’Assem­blée nationale : appliquer cette même exigence de transparence aux fonds alloués au Par­lement sur la même période.

En définitive, pour le Directeur exécutif de l’Ong 3D, la réforme des fonds politiques ne saurait se limiter à une annonce ou à un ciblage institutionnel. «Ce serait un véritable exercice de transparence. La crédibilité d’une réforme commence toujours par l’exemplarité», conclut-il.

Un message clair adressé à l’Exécutif : avant de changer les règles du jeu au sommet de l’Etat, il convient de démontrer que la transparence s’applique déjà aux institutions actuellement sous leur contrôle.