Le Centre national antipoison s’équipe de technologies de pointe pour son Laboratoire de toxicologie et de pharmacologie clinique. Financée à hauteur de 1, 6 milliard F Cfa, cette rénovation majeure renforce l’expertise médico-légale et la réponse aux urgences sanitaires au Sénégal.

Par Amadou MBODJI – Le Centre national antipoison franchit un cap décisif dans le renforcement de ses capacités grâce à la réhabilitation et à la modernisation de son Labo­ratoire de toxicologie et de pharmacologie clinique (Ltpc). En présidant hier la cérémonie d’inauguration dans les locaux du centre, le ministre de la Santé et de l’hygiène publique, Pr Ibrahima Sy, s’est félicité de ce bond en avant : «Le lancement officiel des activités du laboratoire constitue une avancée majeure dans la réponse aux intoxications environnementales, professionnelles, médicamenteuses et alimentaires, qui représentent une menace permanente pour nos populations.» Selon le ministre, cette structure renforcera de manière décisive l’expertise médico-légale nationale en fournissant à la justice des preuves fiables et conformes aux exigences internationales. Elle contribuera également à la lutte contre le dopage en alignant ses procédures sur les standards de l’Agence mondiale antidopage (Ama).

Un investissement de 1, 6 milliard F Cfa

Doté d’une enveloppe globale de 1, 6 milliard de francs Cfa dans le cadre du projet de riposte contre le Covid-19, ce programme comprend 300 millions de francs Cfa consacrés à la réhabilitation complète du bâtiment, le reste ayant financé l’acquisition d’équipements scientifiques de dernière génération. A cela s’ajoute la remise de deux véhicules spécialisés d’une valeur d’un milliard de francs Cfa au profit de la Direction des équipements et de la maintenance (Dem) et de l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (Arp).

Pour le Pr Mamadou Fall, directeur du Centre national antipoison, cette modernisation comble un déficit technique majeur. Le Ltpc dispose désormais de technologies de pointe -notamment la spectrométrie de masse et la chromatographie en phase gazeuse et liquide- capables d’identifier et de quantifier, avec une extrême précision, des substances chimiques, médicamenteuses ou environnementales.

Un champ d’action élargi

Au-delà de la prise en charge des intoxications aiguës, le Ltpc élargira ses missions à plusieurs domaines stratégiques : la surveillance environnementale et alimentaire ; l’évaluation des expositions professionnelles ; l’addictologie et la sécurité routière et la lutte contre le dopage dans le sport de haut niveau.

Cette modernisation traduit une vision globale de la santé publique tout en consolidant l’écosystème sanitaire national, appuyé par des structures partenaires mieux équipées pour faire face aux urgences.

ambodji@lequotidien.sn