C’est un tournant majeur pour la fluidité du trafic dans la capitale sénégalaise. Dès ce jeudi 8 janvier 2026, la circulation des véhicules à traction animale et à bras sera strictement prohibée sur l’emprise du Bus rapid transit (Brt). Le Préfet de Dakar, Chérif Blondin Ndiaye, a annoncé le passage à une phase de répression systématique pour protéger ce projet phare de transport de masse. En vérité, c’est une réglementation sortie de sa léthargie. L’interdiction n’est pas nouvelle, mais son application était jusque-là restée timide. Le Préfet a rappelé que cette mesure repose sur un arrêté préfectoral datant du 26 juillet 2024. Cet acte administratif visait à instaurer un plan de circulation cohérent dans la «zone d’influence» du Brt, un corridor vital qui traverse les zones les plus denses de Dakar.
Pourtant, le constat sur le terrain reste amer : malgré les mises en garde, les pousse-pousse et les charrettes continuent de partager la chaussée avec les bus articulés, créant un cocktail explosif d’insécurité routière et de congestion. Pour Chérif Blondin Ndiaye, la présence de ces véhicules lents et archaïques est incompatible avec l’exigence de performance du Brt. Les griefs articulés dans le communiqué sont clairs : perturbations du trafic, occupation anarchique, dégradation de l’image urbaine.
L’heure n’est plus à la sensibilisation. Le Préfet de Dakar a annoncé un renforcement des contrôles dès ce jeudi. Les mesures coercitives seront immédiates : immobilisation systématique des véhicules à bras ou à traction animale, mise en fourrière sans délai et poursuites judiciaires pour les contrevenants, conformément aux dispositions légales en vigueur.
Un défi social et logistique
Si cette mesure est saluée par les usagers du Brt qui réclament plus de rapidité, elle pose également la question de la logistique de proximité. Les charrettes jouent un rôle-clé dans l’approvisionnement des marchés (comme Tilène ou Castors) et le transport de marchandises légères. Le défi pour les autorités sera de proposer des alternatives viables, comme les tricycles motorisés, pour éviter une paralysie de l’économie informelle dans les quartiers traversés.

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