Face aux ambitions de l’Agenda Sénégal 2050, l’Agence de développement local (Adl) engage une réforme profonde de son modèle d’intervention. Réunis en séminaire stratégique sous l’impulsion du Conseil de surveillance, les décideurs de l’agence dessinent les contours d’une institution plus agile, capable de transformer les quartiers et villages en véritables moteurs de la croissance nationale.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Un cap aligné sur la Vision «Sénégal 2050». Dans un contexte de refonte globale de la gouvernance nationale, l’Agence de développement local (Adl) a tenu un séminaire de réflexion stratégique de deux jours. Cette rencontre, loin d’être une simple formalité administrative, marque une étape décisive pour l’institution. Il s’agit de répondre à l’impératif de transformation structurelle prôné par les plus hautes autorités, en ancrant l’action publique au plus près des réalités socioculturelles et économiques des terroirs.

Le séminaire a mobilisé le Conseil de surveillance, la Direction générale et l’ensemble des cadres techniques dans une démarche de co-construction. L’objectif est clair : garantir une parfaite symétrie entre les missions régaliennes de l’agence, son organisation interne et les exigences d’impact immédiat sur le terrain.

L’anticipation au cœur de la gouvernance

Pour Khadija Mahécor Diouf, présidente du Conseil de surveillance, l’heure est à la responsabilité proactive. En ouvrant les travaux, elle a rappelé que la survie et la pertinence d’une structure publique dépendent de sa capacité à anticiper les mutations : «L’Adl occupe une place pivot dans l’architecture de nos politiques publiques. Nous devons sécuriser notre trajectoire institutionnelle pour garantir que chaque action de l’agence soit un levier direct pour les priorités nationales de transformation.»

Le Directeur général de l’Adl, Diamé Signaté, a apporté un éclairage technique sur les défis qui attendent l’institution. Avec la mise en œuvre de l’Acte IV de la décentralisation et l’émergence des pôles territoriaux, l’Adl ne peut plus se contenter d’un rôle de facilitateur distant. L’agence doit désormais intégrer les piliers de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, qui place le quartier et le village au centre de la planification. «Face à ces défis, l’Adl est appelée à renforcer sa proximité avec les populations, à faire des territoires de base de véritables espaces de planification et de suivi du développement», a-t-il affirmé.

Quatre chantiers structurants pour l’horizon 2028

Pour concrétiser cette ambition, les réflexions se sont cristallisées autour de quatre axes majeurs : l’actualisation de la stratégie institutionnelle pour réajuster la boussole de l’agence afin d’intégrer le nouveau cadre de territorialisation, le respect du Contrat de performance 2026-2028 en définissant des indicateurs de résultats précis pour une reddition des comptes transparente et efficace. Sans oublier la réforme organisationnelle pour justifier l’organigramme en vue de briser les silos et favoriser une agilité opérationnelle accrue et le positionnement de référence en réaffirmant l’Adl comme maillon incontournable du développement local de proximité, capable de transformer le potentiel des terroirs en richesse tangible.

En se dotant de ces nouveaux outils de pilotage, l’Adl ne se contente pas de s’adapter ; elle se prépare à devenir le fer de lance d’un développement local inclusif, résilient et durable.

latifmansaray@lequotidien.sn