Réuni à Busan pour sa 48è session, le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco a inscrit 25 nouveaux biens, tout en marquant un tournant historique vers une meilleure représentativité. Portée par un consensus inédit, cette édition consacre l’entrée première des Comores, de São Tomé-et-Príncipe et du Soudan du Sud, tout en mobilisant la Communauté internationale face à l’urgence des sites menacés par les conflits.
C’est dans un esprit d’unanimité que s’est clôturée la 48è session du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco en République de Corée. Au terme de plusieurs jours de travaux, 25 nouveaux trésors -19 culturels, 5 naturels et 1 mixte- rejoignent le patrimoine partagé de l’humanité. La liste compte désormais 1273 sites répartis dans 173 pays, bénéficiant tous du plus haut niveau de protection internationale.
Cette session restera marquée par un rééquilibrage géographique inédit. Pour la première fois de leur histoire, trois pays africains voient un bien inscrit sur la liste : les Comores, São Tomé-et-Príncipe et le Soudan du Sud. La présence du Président comorien, Azali Assoumani, à Busan a souligné la portée politique et culturelle de cette étape. Grâce à ces ajouts, le nombre d’Etats parties sans aucun site inscrit tombe à 23.
Cette dynamique s’accompagne d’un engagement stratégique fort : l’adoption de la Stratégie pour le patrimoine mondial des Peid (Petits Etats insulaires en développement) 2026-2034, dotée d’un budget de 13 millions de dollars. Ce plan vise à renforcer la gestion locale et la résilience de ces territoires face au changement climatique. «L’inscription d’un site marque le début d’un engagement durable : le protéger, le gérer efficacement et veiller à ce qu’il bénéficie aux communautés, a rappelé Khaled El-Enany, Directeur général de l’Unesco. Je suis convaincu que la liste doit refléter toute la diversité de notre monde.»
L’actualité internationale s’est également invitée aux débats. L’Unesco a actionné ses mécanismes d’urgence pour inscrire simultanément trois biens sur la Liste du patrimoine mondial et sur celle du patrimoine mondial en péril : le paysage migratoire de Boma-Badingilo (Soudan du Sud), les châteaux du mont Amel (Liban) et le site de Sebastia (Etat de Palestine).
Au total, six sites ont été ajoutés à la Liste en péril lors de cette session, incluant le Centre historique de Paramaribo (Suriname), la Cité antique de Chersonèse Taurique (Ukraine) et la ville de Tyr (Liban). Ce classement permettra de débloquer rapidement des aides financières et techniques. A l’inverse, signe d’une conservation réussie, le Centre historique de Vienne (Autriche) a été officiellement retiré de la liste d’alerte.
Mémoire, extensions et cap sur 2027
Parmi les moments forts sur le plan culturel, Les Plages du débarquement (Normandie, 1944) en France font leur entrée en tant que «site de mémoire», catégorie dédiée aux lieux de réflexion pacifique et de réconciliation. Le comité a par ailleurs approuvé l’extension de deux biens existants dont le site côtier coréen Getbol (phase II), et validé la renomination du Parc national de la Garamba en République démocratique du Congo.
Après ces arbitrages, la Communauté internationale a déjà les yeux tournés vers la Turquie : c’est à Istanbul que se tiendra la 49è session du Comité du patrimoine mondial en 2027.
