Malgré les négociations de dernière minute menées par le ministère de la Fonction publique, le mot d’ordre de grève de 24 heures a été massivement suivi, ce vendredi dans le département de Mbour. De la santé à la Justice, en passant par l’administration et le secteur stratégique de la pêche, les services névralgiques de la Petite-Côte ont tourné au ralenti, plongeant les usagers dans le désarroi et accentuant la pression sur l’Etat.

Le département de Mbour a vécu, ce vendredi, au rythme d’une paralysie quasi générale. Malgré les tentatives de désamorçage de dernière minute menées par le ministre de la Fonction publique, le Front syndical pour la défense du travail -une coalition regroupant l’Unsas, la Cnts, le Sames et l’Intersyndicale de l’agriculture, de la pêche et de l’élevage- a réussi son pari. Dans la Petite-Côte, les secteurs névralgiques de l’économie et du service public ont accusé le coup de ce mot d’ordre de 24 heures. Sur le terrain, l’impact de ce bras de fer entre l’Etat et les centrales syndicales s’est fait cruellement ressentir à l’échelle départementale à travers trois piliers majeurs : la santé, l’administration locale et le secteur de la pêche.

La santé au point mort, les urgences préservées

C’est sans doute au niveau des structures sanitaires que le mouvement a été le plus spectaculaire. Suivant la dynamique nationale du Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames), les blouses blanches de Mbour ont massivement débrayé. A l’Établissement public de santé (Eps) de Grand-Mbour ainsi que dans les principaux districts sanitaires du département, les consultations de routine et les interventions non urgentes ont été purement et simplement reportées. Seul un service minimum, rigoureusement encadré pour la gestion des urgences vitales, a été assuré, laissant de nombreux patients dans le désarroi.

L’appel à la mobilisation générale n’a pas non plus épargné le service public. Avec le ralliement officiel du Syndicat des travailleurs de la justice (Sytjust) et des agents de l’administration affiliés à l’Unsas et à la Cnts, les démarches administratives sont devenues un véritable parcours du combattant pour les administrés mbourois. Entre bureaux déserts, procédures civiles au point mort et activité judiciaire réduite à sa plus simple expression, la machine administrative départementale a fonctionné à très faible régime.

Dans un département où l’économie locale est viscéralement liée aux ressources maritimes, l’implication de l’Intersyndicale de la pêche, de l’agriculture et de l’élevage a donné une résonance particulière à cette journée de protestation. Au cœur des revendications : le respect des accords signés avec l’Etat et la dénonciation d’une vague de licenciements massifs qui frappe le monde du travail. Sur les quais de pêche et dans les espaces de mareyage, les discussions du jour tournaient essentiellement autour de ce malaise social grandissant, matérialisé sur place par le débrayage des agents techniques et de contrôle de ces filières.

Alors que le mot d’ordre prend fin ce vendredi à minuit, les yeux sont désormais tournés vers Dakar où les secrétaires généraux des centrales maintiennent la pression pour obtenir des garanties concrètes. A Mbour, les usagers espèrent un retour à la normale dès lundi, tout en redoutant que ce coup de semonce ne soit que le prélude d’un bras de fer plus long et plus éprouvant si le dialogue social devait rester stérile.