Réunie en conférence de presse à la permanence de Pastef, la section locale de la Jeunesse patriote du Sénégal (Jps) de Fissel est sortie de sa réserve. Les jeunes militants pointent du doigt une répartition inéquitable des investissements publics dans l’arrondissement, estimant que la commune voisine de Ndiaganiao, fief du Président Bassirou Diomaye Faye, est indûment privilégiée au détriment de leur chef-lieu.

Par Alioune Badara CISS – La section communale de la Jeunesse patriotique du Sénégal (Jps) de Fissel brise le silence pour dénoncer ce qu’elle qualifie de «snobisme» et d’«iniquité territoriale». Selon l’organisation, depuis l’accession de Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême, la commune voisine de Ndiaganiao concentre de manière disproportionnée les investissements publics majeurs de la zone. «Administrativement, Ndiaganiao est sous la tutelle de Fissel, tout le monde le sait. Mais sur le plan des infrastructures, elle est clairement favorisée au détriment de notre commune, ce qui est inadmissible», a fustigé Saliou Ndiaye, membre de la Jps de Fissel, lors d’une déclaration face aux médias.

Pour étayer ses accusations, le mouvement de jeunesse dresse la liste de quatre projets d’envergure récemment attribués ou inaugurés à Ndiaganiao, notamment la caserne des sapeurs-pompiers : inaugurée en mai dernier par le ministre de l’Intérieur pour renforcer la sécurité civile, cette infrastructure est jugée inaccessible pour les Fissellois en raison de l’absence de routes bitumées ou de pistes praticables sur les 10 kilomètres séparant les deux communes. Alors que Fissel est le chef-lieu d’arrondissement et compte cinq postes de santé en attente de modernisation, c’est le poste de Ndiaganiao qui a été promu au rang de centre de santé au lendemain de la Présidentielle.

Quid des infrastructures sportives ? Une plateforme multifonctionnelle, pilotée par l’Agence de construction des bâtiments et édifices publics (Acbep), est en cours de développement sur une assiette foncière de 4 hectares à Ndiaganiao. Le complexe socio-économique, un grand centre destiné à l’alphabétisation, la formation et la commercialisation des produits locaux, dont le chantier imminent a été annoncé par la Première dame. «La question est simple : pourquoi à Ndiaganiao et pas à Fissel ? La réponse semble évidente : parce que le président de la République y habite tout simplement. C’est tout pour Ndiaganiao et rien pour Fissel, ce que nous déplorons fermement», tranche le porte-parole du jour.

Axe Fissel-Thiadiaye : halte à la récupération politique

Face à ce bilan contrasté, la Jps a tenu à clarifier la paternité des travaux de réhabilitation de la route Fissel-Thiadiaye, mettant en garde contre toute tentative de manipulation ou de récupération politique. Ce projet, lancé le 2 avril dernier par le ministre des Infrastructures à la suite d’une visite de Ousmane Sonko, est attribué par les jeunes patriotes aux efforts de longue date d’un haut cadre de la localité. «Rendons à César ce qui appartient à César. L’initiative et le plaidoyer qui ont abouti à l’exécution de ce projet, sont l’œuvre du professeur Daouda Ngom, qui s’est toujours battu pour notre terroir», a précisé Saliou Ndiaye.

Malgré ces vives frustrations envers l’Exécutif, la Jps de Fissel refuse de tourner le dos au parti au pouvoir. Au contraire, elle appelle à un sursaut militant et exhorte les populations à adhérer massivement à Pastef, qualifié de «seule formation politique locale qui défend réellement les intérêts des citoyens». En ligne de mire des prochains scrutins électoraux, la section communale invite les sympathisants, les patriotes et l’ensemble des habitants de Fissel à s’unir pour assurer une victoire éclatante au parti de Ousmane Sonko, tout en maintenant la pression pour un rééquilibrage des projets publics.

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