Face aux défis de l’emploi et de l’émigration irrégulière, le ministère de la Formation professionnelle lance une offensive majeure à Mbour. Grâce à la Valorisation des acquis de l’expérience (Vae) et un partenariat international inédit, 2000 jeunes verront bientôt leur savoir-faire transformé en diplômes d’Etat, ouvrant les portes d’une reconnaissance mondiale.

Par Alioune Badara CISS – Une réponse concrète à l’urgence sociale. Le département de Mbour, pilier de l’économie maritime et touristique, mais aussi zone sensible aux départs migratoires, est désormais le laboratoire d’une réforme am­bitieuse. Hier, M. Souleymane Kane, directeur de l’Appren­tissage, agissant au nom du ministre Amadou Moustapha Ndjekk Sarré, a officiellement lancé un programme spécial de certification. L’objectif est clair : sortir de l’informel des milliers de travailleurs (ma­çons, électriciens, pê­cheurs, cuisiniers) qui possèdent le talent, mais manquent de parchemin. «Le diplôme qui leur sera fourni sera de portée internationale. C’est un véritable passeport de formation permettant d’exercer partout, avec une reconnaissance officielle», a martelé M. Kane.

Un dispositif doublé face à l’engouement

Initialement dimensionné pour 1000 jeunes, le projet, porté par MewI Finances et la mairie de Mbour, a vu sa capacité doubler dès son lancement. Ce sont finalement 2000 bénéficiaires qui intégreront ce cursus, preuve de l’immense attente des populations locales pour une insertion sécurisée. Ce programme se distingue par sa dimension transcontinentale, fruit d’une coopération entre la ville de Mbour, la ville de Cayenne (Guyane française) et les communes de Rufisque-Ouest et Kaolack.

L’humain face à l’Intelligence artificielle

Jean-Philippe Dolor, directeur de Cabinet de la mairie de Cayenne, a souligné la pertinence stratégique de valoriser les métiers manuels dans un monde de plus en plus numérique. «L’intelligence artificielle ne peut pas faire le service en chambre ni cuisiner. Les métiers «en tension» le seront encore davantage à l’avenir», a-t-il rappelé pour justifier l’investissement dans l’humain.

L’innovation de la formation «duale»

La grande nouveauté de cette réforme réside dans le modèle coopératif ou dual : 80% de l’apprentissage se déroulent en entreprise et 20% de théorie en centre de formation. Ce système garantit une productivité immédiate pour le secteur privé tout en assurant une qualification de haut niveau pour l’apprenant.

Au-delà de la technique, le projet embrasse une dimension humanitaire. Ousmane Ndiaye, directeur de MewI Finances, a insisté sur l’inclusion des plus vulnérables, notamment les enfants des daaras (talibés), afin de leur offrir un socle éducatif et des conditions de vie dignes à travers l’apprentissage d’un métier.

«Rester, se former et travailler au Sénégal»

En clôturant la cérémonie, le directeur de l’Apprentissage a réitéré l’ambition du gouvernement, sous l’impulsion du Premier ministre, de faire de la formation professionnelle «la voie de salut». L’idée force est de transformer le potentiel des jeunes de Mbour en compétences certifiées pour les inciter à bâtir leur avenir sur le sol national.

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