Le bras de fer est engagé. Quelques heures seulement après les réserves expresses du ministre de la Justice exigeant un dialogue national, le Parlement passe outre. Les députés sont officiellement convoqués le lundi 29 juin 2026 pour examiner la très controversée proposition de loi constitutionnelle de Pastef.

C’est ce qui s’appelle un véritable coup de force parlementaire. Alors que le ministre de la Justice, Garde des sceaux, Me Moussa Sarr, plaidait encore devant la Commission des lois pour une suspension de la procédure afin d’ouvrir de larges concertations avec l’opposition et la Société civile,

l’Assemblée nationale choisi d’ignorer l’appel à la prudence de l’Exécutif. Dans

un communiqué officiel rendu public ce vendredi 26 juin 2026, l’institution parlementaire a acté l’accélération du calendrier. Les députés sont ainsi formelle-ment convoqués en séance plénière le lundi 29 juin 2026 à 10h 00. L’ordre du jour ne laisse place à aucune ambiguïté : il portera exclu

sivement sur l’examen de la proposition de loi n°17/2026 portant révision

de la Constitution, texte initié par le Groupe parlementaire de la majorité, Pastef.

Ce choix de maintenir la plénière sonne comme un désaveu direct de la stratégie du gouvernement. Pour l’Exécutif, qui rappelait qu’aucune réforme constitutionnelle majeure n’avait été adoptée sans consensus depuis 1992, la méthode de la majorité menace la stabilité institutionnelle du pays. En ignorant cette mise en garde, la majorité parlementaire affiche sa détermina

tion à faire passer sa réforme, quitte à acter une rupture politique majeure avec sa propre équipe gouvernementale.

Entre la volonté de dialogue prônée par le gouverne-ment et la course contre la montre engagée par les députés de Pastef, le face-à-face de ce lundi s’annonce d’ores et déjà historique pour l’avenir démocratique du Sénégal. La journée du 29 juin dira si le camp majoritaire choisira le passage en force ou si des amendements de compromis viendront cal-mer le jeu à la dernière minute.