En détrônant Modou Lô dimanche dernier au terme d’un combat éclair, Sa Thiès s’est emparé de la couronne de «Roi des Arènes». S’il succède avec panache à son père et à son frère, le nouveau souverain de Guédiawaye semble pour l’instant peu enclin à offrir une chance à Franc, le lieutenant invaincu de sa victime.

Par Amadou MBODJI – En terrassant Modou Lô dimanche dernier, Sa Thiès a créé une onde de choc dans le monde de la lutte sénégalaise. Grâce à un ramassage de jambes foudroyant, exécuté avec une précision chirurgicale après un échange de coups de poing nourri, le pensionnaire de l’écurie Double Less est parvenu à faire chuter celui qui régnait sans partage depuis sept ans. Ce duel de haute intensité, qui a duré moins de trois minutes, a été suivi par des millions d’amateurs en direct sur Canal+.

Cette victoire éclatante fait du «Volcan» de Guédiawaye le 9e «Roi des Arènes» de l’histoire. Entouré par son frère aîné, l’ancien roi Balla Gaye 2, et sous l’œil protecteur de l’Au-delà de son père, la légende Double Less, Sa Thiès marche sur les traces familiales. Il réitère l’exploit de son frangin qui, en son temps, avait battu le «Roc» des Parcelles Assainies à deux reprises. Pour Modou Lô, c’est un coup d’arrêt brutal : il concède ainsi sa quatrième défaite pour un bilan de 23 victoires et un nul en 28 sorties.

Franc, l’adversaire que l’on attend… ou pas

Une nouvelle page s’ouvre et, comme le veut la tradition, le détenteur du titre devient la cible prioritaire. Parmi les prétendants les plus sérieux figure Emile François Gomis, alias Franc. Lieutenant de Modou Lô et fort d’une invincibilité im­pressionnante après 16 combats, le choc entre Franc et Sa Thiès semble, pour beaucoup, écrit d’avance.

Pourtant, le nouveau «mo­narque» ne l’entend pas de cette oreille. Interpellé à l’issue de son sacre, Sa Thiès a tranché net : «Pour le moment, ne me parlez pas de Franc. Je veux savourer cette victoire et fêter ce moment avec mes proches et supporters», a-t-il déclaré au micro de Canal+. Plus évasif sur la suite de sa carrière, il a ajouté : «Je vais affronter les lutteurs de ma génération, puis je compte donner leur chance aux jeunes.»

Quel avenir pour Modou Lô ?

Si les prétendants se bousculent déjà pour défier Sa Thiès, une question brûle toutes les lèvres : qu’adviendra-t-il de Modou Lô ? A 40 ans, après un règne de sept ans, l’heure de la retraite a-t-elle sonné ?

Si certains observateurs estiment qu’il est temps pour lui de se retirer au sommet de sa gloire, d’autres considèrent qu’il possède encore de «beaux restes». Il pourrait ainsi jouer les arbitres de luxe et servir de tremplin aux espoirs qui frappent à la porte de la cour des grands. Tout dépendra de la motivation résiduelle d’un champion qui a déjà tout prouvé et qui peut, quoi qu’il arrive, s’enorgueillir d’une carrière exceptionnelle dans la lutte avec frappe.

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