A la suite de son alerte du 16 août dernier, l’Ong Action pour les droits humains et l’amitié (Adha) exprime sa satisfaction face à l’intervention rapide de la Police nationale. Tout en saluant cette première réponse des autorités, l’organisation appelle désormais le gouvernement à amplifier les investigations pour remonter les filières, poursuivre les commanditaires et assurer la protection humanitaire des victimes.
La réaction des Forces de l’ordre n’aura pas tardé. Quelques jours après le cri d’alarme lancé le 16 août par l’organisation Action pour les droits humains et l’amitié (Adha), l’intervention diligente de la Police nationale a permis de poser de premiers actes forts dans la lutte contre la traite, le trafic de personnes et la mendicité de rue. Une réaction qu’Adha a tenu à saluer ce mercredi à travers un communiqué signé de son responsable, M. Adama Mbengue.
Pour l’Ong membre du Conseil consultatif national des droits de l’Homme et du Droit international humanitaire (Ccndh-Dih), cette descente sur le terrain constitue une étape prometteuse. Toutefois, la structure souligne qu’il s’agit du début d’un processus qui exige une réponse interinstitutionnelle combinant volets judiciaire, social et migratoire.
Adha insiste sur la stricte application de la loi n°2005-06 du 10 mai 2005 relative à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées. L’organisation demande aux autorités judiciaires d’approfondir les enquêtes afin d’établir clairement les responsabilités et de remonter l’ensemble de la chaîne criminelle jusqu’aux organisateurs et bénéficiaires qui tirent profit de cette exploitation.
L’Ong rappelle également un principe fondamental de droit et d’humanité : la distinction impérative entre les profiteurs et les personnes exploitées. «Les victimes ne doivent pas être confondues avec les exploiteurs : la réponse publique doit protéger les premières et poursuivre les seconds, dans le respect de la dignité humaine, de l’intérêt supérieur de l’enfant et des garanties applicables aux personnes vulnérables», souligne Adama Mbengue.
L’option d’un retour encadré et concerté
Au-delà de l’aspect répressif, la gestion de la vulnérabilité des migrants et enfants des rues passe par la diplomatie et la coopération internationale. Adha invite l’Etat sénégalais à renforcer ses échanges avec les pays d’origine afin d’envisager, lorsque le cadre légal et les conditions humanitaires le permettent, des programmes de retour volontaire ou de rapatriement encadré. Pour illustrer la faisabilité d’une telle démarche, l’organisation cite en exemple l’opération menée en mars 2022, au cours de laquelle 1053 ressortissants nigériens dont 478 enfants, avaient été rapatriés dans la dignité grâce à une concertation fructueuse entre les deux Etats.
Cependant, prévient Adha, le rapatriement ne doit pas servir de raccourci pour clore prématurément les dossiers judiciaires. Le retour au pays doit impérativement s’accompagner du maintien des poursuites judiciaires visant à démanteler les réseaux sous-jacents. «La véritable lutte contre la traite ne s’arrête pas à la rue : elle doit remonter jusqu’à ceux qui en tirent profit», conclut l’organisation, qui exhorte les pouvoirs publics à aller jusqu’au bout de leur démarche.
