Le Président Bassirou Diomaye Faye a donné des instructions fermes pour l’application effective du système de rémunération pour copie privée et l’amélioration durable du statut des artistes et professionnels de la culture. Une orientation saluée par la Sodav, qui y voit un tournant historique dans la reconnaissance des droits des créateurs au Sénégal.
Par Mame Woury THIOUBOU – Le gouvernement sénégalais est désormais engagé à faire respecter de manière «scrupuleuse» les droits d’auteur et les droits voisins. Lors du Conseil des ministres tenu mercredi, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a insisté sur l’application effective du mécanisme de rémunération pour copie privée, ainsi que sur le renforcement du statut social, professionnel et juridique des artistes et acteurs culturels. Selon le communiqué officiel du Conseil des ministres, le chef de l’Etat a rappelé le rôle majeur que jouent les artistes et les professionnels de la culture dans la vie nationale, tout en soulignant que la culture constitue une dimension essentielle de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050. Ces orientations présidentielles ont été accueillies favorablement par la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav). Dans un communiqué publié le 22 janvier 2026, son Conseil d’administration s’est réjoui des instructions «claires et fermes» données par le chef de l’Etat, notamment en ce qui concerne la protection des artistes et la valorisation effective de leurs droits.
La Sodav rappelle que la rémunération pour copie privée, prévue par la loi n°2008-09 sur le droit d’auteur et les droits voisins, constitue un levier stratégique pour assurer une juste compensation des créateurs face à la reproduction des œuvres à des fins privées. Son application effective est considérée comme une avancée structurante pour le financement du secteur culturel et le renforcement de la souveraineté artistique du Sénégal. Toutefois, l’organisme de gestion collective souligne que «l’entrée en vigueur du dispositif reste juridiquement tributaire de la signature du décret d’application par le président de la République, dernière étape administrative indispensable». Depuis plusieurs mois, les artistes et la Sodav réclament l’application effective de la loi sur la copie privée. Les récentes décisions gouvernementales apparaissent ainsi comme une réponse politique attendue, ouvrant la voie à une reconnaissance plus juste du travail créatif et à une structuration durable de l’économie culturelle sénégalaise.
Sécurité sociale, formation et décentralisation culturelle
Au-delà de la question de la copie privée, le Président Bassirou Diomaye Faye a instruit le gouvernement de poursuivre les efforts en faveur de l’amélioration de la sécurité sociale, de la protection professionnelle et des conditions de travail des artistes. Il a également demandé au ministre de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, Amadou Bâ, ainsi qu’au secrétaire d’Etat chargé de la Culture, des industries créatives et du patrimoine historique, Bakary Sarr, de renforcer la qualité des formations dispensées à l’Ecole nationale des arts et métiers de la culture. La modernisation des infrastructures culturelles, la décentralisation de l’action culturelle et l’élaboration d’un agenda culturel national figurent également parmi les priorités énoncées par le chef de l’Etat, dans une perspective d’inclusion et d’équité territoriale. Le président de la République a enfin souligné l’importance de la tenue des Etats généraux de la culture, de l’artisanat et du tourisme, annoncés pour le premier semestre de l’année 2026. Une échéance majeure qui pourrait poser les bases d’un nouveau contrat social entre l’Etat et les acteurs culturels.
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