«Ecrire, Filmer, Photographier pour Résister : Artivisme, Féminisme, Recherche et Création en Afrique et dans sa diaspora», est un ouvrage de 200 pages publié par le Festival africain du film, de la photo et de la recherche feministes (Cinefemfest). Selon les promoteurs, il affirme la puissance de l’écriture, de l’image et de la pensée féministe comme outils de lutte, de mémoire et de transformation sociale.

Par Mame Woury THIOUBOU – Porté par le Festival africain du film, de la photo et de la recherche féministes (Cine­femfest Gëstu Nataal i Jigeen), cet ouvrage s’inscrit pleinement dans la mission du festival : produire et diffuser des savoirs féministes situés, renforcer les alliances entre art, recherche et activisme, et soutenir les voix africaines et diasporiques trop souvent marginalisées. Dans un communiqué de presse reçu au Quoti­dien et annoncant la parution de l’ouvrage collectif, le Cinefemfest informe qu’il est le fruit d’une résidence d’écriture et de recherche-action organisée au Sénégal en 2024 par le Cinefemfest. Intitulée «Inter­sections : Selebeyoon», cette résidence a réuni des cher­cheur·e·s, écrivain·e·s, cinéas­tes, photographes et artistes engagé·e·s autour d’un même objectif : penser et expérimenter les formes contemporaines de résistance féministe à travers la création et la re­cherche. Plusieurs auteures ont, à travers des essais, des récits personnels, des analyses critiques et parfois une démarche artistique, mis en lumière des pratiques de création conçues comme «des leviers de transformation sociale, politique et épisté­mique». «Cet ouvrage constitue une contribution ma­jeure aux réflexions contemporaines sur les liens entre féminisme, création artistique, recherche critique et pratiques de résistance sur le continent africain et au sein de ses diasporas», renseigne le document.

L’art et la recherche comme pratiques de résistance

L’ouvrage, éditée Dr Rama Salla Dieng, initiatrice du Cinefemfest ainsi que de la résidence d’écriture et de recherche-action «Intersections : Selebeyoon», et par Ken Bugul, écrivaine et marraine de la résidence 2024, aux Editions Nara, a bénéficié du soutien du Fonds d’aide à l’édition du ministère de la Culture, de l’artisanat et du tourisme du Sénégal, à travers la Direction du livre et de la promotion de la lecture. Il revendique une pensée féministe ancrée dans les expériences vécues, les territoires et les luttes. «Ecrire, filmer ou photographier devient ici un geste politique, un acte de résistance face aux silences imposés, aux violences structurelles et aux récits dominants», souligne le communiqué. Le livre explore ainsi la création artistique comme espace de transmission, de mémoire et de réparation, mais aussi comme outil de production de savoirs critiques. Préfacé par l’écrivaine Mariama Ndoye et postfacé par l’écrivaine Fatimata Diallo Ba, l’ouvrage rassemble les contributions de 27 autrices, cher­cheuses, artistes, cinéastes, photographes et artivistes. Par­mi elles figurent notamment Oluwaseun Babalola, Yaba Badoe, Codou Bop, Ken Bugul, Aïcha Macky, Pascale Obolo, Ina Makosi, Foulématou Na­talia Sylla ou encore Fatou Diop Sall. Cette pluralité de voix et de parcours dessine une cartographie féministe trans­nationale, attentive aux contextes africain et diasporique, tout en faisant dialoguer différentes disciplines, générations et formes d’engagement.

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