A travers ses deux nouveaux ouvrages, «Le Sénégal des enlisements» et «Murmures du cerveau», l’enseignant-chercheur et directeur du Coud livre une double radiographie, politique et sociale, du pays. Face aux dérives partisanes et à l’isolement numérique, l’auteur appelle à un retour pressant aux valeurs fondamentales, à l’éducation et au «Jom» sénégalais.

Par Amadou MBODJI – Le directeur du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) et enseignant-chercheur, le Dr Ndéné Mbodji, entend partager sa réflexion profonde sur la trajectoire politique et sociale du Sénégal. C’est dans cette optique qu’il a procédé, mercredi dernier, à la cérémonie de dédicace de ses deux récents ouvrages intitulés Le Sénégal des enlisements : critique d’un paysage politique et Murmures du cerveau.

Conçu comme une contribution majeure au débat public, le premier essai passe au crible les rouages de la vie politique, sociale et institutionnelle nationale. L’auteur y analyse sans concession le fonctionnement de l’Assemblée nationale, la perception de la Constitution, la gestion des deniers publics, le rôle de la Justice, ainsi que la vitalité de la démocratie sénégalaise.

Au terme de cette réflexion, le Dr Ndéné Mbodji estime que les crises que traverse le pays relèvent avant tout d’un déficit de repères. «La politique est une excellente chose lorsqu’elle sert à gérer la cité. Mais le véritable problème est un problème humain, un problème d’éducation», soutient-il. L’universitaire appelle ainsi à un retour à la sincérité, à l’intégrité, à la bonne gouvernance et au «Jom» sénégalais, convaincu que le développement du pays repose d’abord sur des citoyens guidés par des valeurs morales.

L’auteur rappelle également que, malgré les divergences partisanes, le Sénégal demeure un et indivisible. Pour lui, la pluralité d’opinions doit enrichir le débat démocratique plutôt que de diviser la Nation. Tout en condamnant fermement le sabotage, le gaspillage et le détournement des ressources publiques, il plaide pour une plus grande résilience collective et pour l’essor d’une économie sociale et solidaire.

Dans son second ouvrage, Murmures du cerveau, le Dr Ndéné Mbodji déplace le regard vers l’érosion des liens humains à l’ère du numérique. Il y déplore l’usage excessif des téléphones portables et des réseaux sociaux, qui isole progressivement les individus et fragilise le tissu familial et social. S’appuyant sur les théories des médias de Marshall McLuhan, il invite à reconstruire le lien communautaire en privilégiant l’entraide et la proximité réelle. Pour l’universitaire, la démocratie ne peut pleinement s’épanouir que si les citoyens réapprennent le vivre-ensemble et renouent avec leur humanité.

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