Une salle comble, une ambiance électrique et trois décennies de rimes : le Théâtre Daniel Sorano s’est transformé en temple du rap sénégalais le temps d’une nuit mémorable. Pour cette deuxième édition du Concert des légendes, les pionniers comme Pbs ou Sister Fa ont passé le flambeau à la nouvelle garde, prouvant que le hip-hop national n’a pas perdu sa superbe. Retour sur une soirée de communion marquée par l’émotion et la reconnaissance.

Un voyage dans le temps, qui a réveillé des souvenirs de nombreux quadra ou quinqua. Dakar a vibré au rythme de la transmission samedi soir. La deuxième édition du Concert des légendes du hip-hop, tenue au Théâtre national Daniel Sorano, a réuni les figures historiques des années 80 à 2000 et les étoiles montantes de la scène actuelle. Entre nostalgie et démonstration de force, cet événement a célébré la vitalité d’un mouvement qui continue de porter haut l’identité culturelle du Sénégal.

Le coup d’envoi a été donné par Sister Fa. Figure emblématique du rap féminin, elle a immédiatement instauré une ambiance électrique qui ne faiblira pas jusqu’au bout de la nuit. Dans une salle comble, les mélomanes et puristes du «Galsen hip-hop» ont vu défiler ceux qui ont écrit les premières pages de cette histoire. De grands noms tels que Gunman Xuman, Simon, Gaston, Matador, Da Brains, Prési ou encore Viviane Chidid ont revisité leurs classiques, transportant le public aux racines du mouvement. A noter la présence de Bamba J Fall, qui a profité de cette tribune pour annoncer la sortie imminente de son nouvel album.

La relève au rendez-vous

Loin d’être un simple regard vers le passé, la soirée a scellé le pacte entre les générations. Les prestations en featuring de la nouvelle garde -incarnée par Dip Doundou Guiss, Akbess et Eljaz- ont apporté une énergie contemporaine au spectacle, prouvant que le relais est assuré avec brio. Le point d’orgue de la soirée fut sans conteste l’apparition du mythique groupe Pbs (Positive Black Soul). Leur prestation, véritable apothéose, a déclenché une ovation debout, rappelant leur statut de piliers incontestés.

Honneurs et distinctions

Le concert a également été marqué par des moments de reconnaissance solennelle avec des hommages à Daniel Gomes, Bouba Ndour et Malick Kébé, salués pour leur contribution majeure à l’industrie des musiques urbaines. Sous les applaudissements, la star Youssou Ndour a remis un trophée à Bakhaw (Da Brains), récemment sacré Meilleur parolier aux Afrima Awards au Nigeria.

Un symbole de vitalité culturelle

Présent lors de l’événement, le ministre de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, Amadou Bâ, a salué une initiative qui «traduit la vitalité de la culture urbaine au Sénégal et l’engagement constant des artistes pour le rayonnement du pays». Plus qu’un concert, cette deuxième édition s’impose désormais comme le rendez-vous incontournable de la mémoire et de l’avenir du rap sénégalais.