Face aux députés, le Premier ministre Alhaminou Lô a justifié le nouvel accord conclu le 1ᵉʳ septembre 2026 avec le Fmi. Entre réformes structurelles, recadrage ciblé des subventions énergétiques et restructuration ordonnée de la dette publique, le chef du gouvernement prône la rationalité économique pour garantir la souveraineté financière du Sénégal.

Devant la Représentation nationale, le Premier ministre Alhaminou Lô est revenu sur l’accord scellé le 1ᵉʳ septembre 2026 avec les services du Fmi. «Conclure un programme n’est pas une obligation, mais les conséquences sont incommensurables de s’en passer lorsqu’on traverse des difficultés financières non structurelles», a d’emblée martelé le chef du gouvernement, rappelant que le Fmi demeure la seule instance habilitée à certifier la trajectoire macroéconomique d’un Etat.

Revenant sur l’interruption du précédent programme à la suite de la découverte de «données erronées transmises par le passé», M. Lô a assuré que les chiffres ont été rétablis et les dysfonctionnements corrigés. Les conditionnalités arrêtées s’inscrivent d’ailleurs dans l’Agenda Sénégal 2050, articulées autour du Plan de redressement économique et social (Pres) : mobilisation de recettes, rationalisation des dépenses et réduction des exonérations.

Sur le front de l’énergie, le gouvernement veut stopper le gaspillage budgétaire. «Voudrions-nous continuer à dépenser environ 800 milliards de subventions au carburant captées à 65% par les 20% de ménages les plus aisés ?», s’est interrogé le Premier ministre. D’ici 2029, le coût total des subventions énergétiques sera ramené à moins de 1% du Pib. Si le gaz butane domestique (petits conditionnements) sera préservé, la subvention de l’électricité sera recentrée sur un tarif social ciblant les faibles consommations et les petits professionnels. A terme, la protection sociale couvrira 40% des ménages les plus vulnérables via la Bourse nationale de sécurité familiale.

Concernant le volet financier, le gouvernement déroule son Plan de traitement de la dette du Sénégal (Ptds). Il vise un allongement significatif des maturités et une réduction du coût moyen, afin de rétablir une trajectoire soutenant les investissements. «Le Sénégal n’a ni la même composition de dette ni les faiblesses structurelles des pays cités en mauvais exemple», a rassuré Alhaminou Lô, promettant un bouclage intégral du dispositif au cours du dernier trimestre 2026 pour sortir de la spirale des dégradations financières.