Les chiffres donnent le vertige : 340 compagnies candidates, 25 retenues, 160 artistes étrangers, plus de 200 programmateurs internationaux. Hôtels locaux complets, navettes quotidiennes depuis Dakar, restauration et commerce en ébullition. Hardo Ka le résume en une formule : «Ce n’est pas seulement danser et rentrer. C’est un marché.» Les compagnies sélectionnées l’ont été aussi pour leur capacité à séduire des programmateurs capables de leur ouvrir des scènes internationales.
Mais l’événement a failli se tenir sous tension. A quelques semaines de l’ouverture, les organisateurs affichaient un déficit estimé à 80 millions de francs Cfa. Germaine Acogny avait lancé l’alerte : «Nous sommes sur des charbons ardents.» La mobilisation de l’Institut français, de l’ambassade de France, d’Eunic, de la Société Générale du Sénégal et d’autres partenaires a finalement permis de boucler le budget.
L’ouverture solennelle, présidée par le Directeur général de la culture, a adressé un message clair aux pouvoirs publics : le soutien à la danse ne peut pas être «un coup seulement». L’enjeu est d’inscrire cet engagement dans la durée, en faveur d’une jeunesse sénégalaise qui trouve dans la danse un vecteur d’éducation et d’avenir professionnel.
