En tournée économique dans la région de Kolda, le Président Bassirou Diomaye Faye fait face à des attentes pressantes. Si l’étape de Vélingara a permis de saluer les performances de la filière coton, le climat était plus tendu à Kolda et Médina Yoro Foulah. Entre le chantier interminable de l’université et le désenclavement routier qui piétine, les populations locales entendaient profiter de cette visite présidentielle pour exiger des actes concrets.

Par Aladji BADJILANG – Les travaux de construction du centre universitaire de Kolda, entamés en 2015, semblent figés dans le temps. Onze ans après le premier coup de pioche, le chantier n’est toujours pas livré. Actuellement, les étudiants sont contraints de suivre leurs cours dans des locaux de fortune réquisitionnés par l’Etat. «Trop c’est trop», scandent les étudiants, désormais sur le pied de guerre. Leur objectif : obtenir une audience avec le chef de l’Etat à la Gouvernance de Kolda. Leur revendication est sans équivoque : l’achèvement immédiat des infrastructures situées à cinq kilomètres du centre-ville.

L’absence du chantier universitaire dans l’agenda de la visite présidentielle de 72 heures alimente la frustration. «Pour­quoi n’est-il pas prévu une visite de l’université ?», s’interroge Abdoulaye Baldé, étudiant en deuxième année de géographie. Un pessimisme partagé par sa camarade Seynabou Diop, qui craint que leur demande d’audience ne soit balayée par l’emploi du temps surchargé du «gardien de la Constitution».

Médina Yoro Foulah : le choix de l’hélicoptère ne passe pas

Le malaise s’étend à Médina Yoro Foulah (Myf). Le choix du Président de s’y rendre par la voie des airs suscite l’ire des acteurs locaux. Pour Kabirou, président du Conseil départemental de la jeunesse, Bassirou Diomaye Faye aurait dû prendre la route pour éprouver le calvaire quotidien des usagers. Dans ce département où tout reste à construire, le chef de l’Etat doit poser la première pierre d’un centre de santé de niveau 2 et visiter une section de la «Boucle du Fouladou». Ce projet routier, censé désenclaver la zone, traîne depuis plus de cinq ans, plongeant les populations dans une colère noire. Malgré ces tensions, la Présidence annonce l’inauguration d’infrastructures sociales de base destinées à renforcer la dignité des habitants de cette contrée enclavée.

Le périple a débuté sous de meilleurs auspices à Vélingara. Lors de sa visite à l’usine de la Sodefitex, le Président s’est félicité des bonds prodigieux de la filière cotonnière. Face à ces résultats, Diomaye Faye a réaffirmé la volonté du gouvernement d’engager une modernisation profonde de la filière, levier stratégique de la lutte contre la pauvreté en milieu rural.

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