Pour répondre au défi du chômage et du manque de qualification en Haute-Casamance, l’Ong Educo a lancé officiellement le Projet d’appui à l’insertion des jeunes et des femmes (Prajef). Fort d’un budget de 250 000 euros financé par la Coopération espagnole, ce programme ambitieux vise à transformer 5000 bénéficiaires, issus de neuf communes des régions de Kolda et Sédhiou, en véritables acteurs du développement économique. Un tremplin pour les exclus du système scolaire ?

En Casamance, et plus précisément dans les régions de Kolda et Sédhiou, l’accès à la formation et à l’emploi demeure un parcours du combattant pour les couches vulnérables. Qu’ils ne soient jamais scolarisés ou qu’ils soient déscolarisés depuis longtemps, de nombreux jeunes et femmes se retrouvent en marge du système productif. Face à ce constat, l’Ong Educo et ses partenaires ont conçu le projet Prajef, une initiative de deux ans destinée à favoriser l’insertion socioprofessionnelle.

Selon Babacar Ndong, Direc­teur pays d’Educo au Sénégal, le projet repose sur trois piliers stratégiques : l’information et la formation pour acquérir des compétences de base ; l’emploi et l’entrepreneuriat pour faciliter l’accès au marché du travail ; le droit du travail afin de garantir un environnement professionnel sécurisé.

Une réponse concrète aux défis sociaux

Le lancement de ce projet a été salué par les autorités locales. Modou Bassirou Ndaw, sous-préfet de Dioulacolon et représentant du Gouverneur de Kolda, a souligné la pertinence de cette initiative qui s’aligne sur l’agenda de transformation «Sénégal 2050». Pour lui, le Prajef est une solution vitale pour récupérer les jeunes victimes de mariages précoces, de grossesses précoces, d’excision ou de pesanteurs économiques. De son côté, Xavier Vega, Coordonnateur général de la Coopération espagnole au Sénégal, a rappelé l’excellence des relations entre Madrid et Dakar, justifiant l’appui financier de l’Espagne pour réveiller cette «force dormante» et l’orienter vers la production.

Le lancement du projet a également été l’occasion pour les organisations de femmes de porter leurs revendications. Le Conseil sénégalais des femmes (Cosef) a profité de cette tribune pour dénoncer les barrières culturelles qui freinent encore l’accès des femmes rurales à la propriété foncière.

«L’autonomi­sation économique des femmes passe impérativement par l’accès à la terre et à la pratique d’activités génératrices de revenus», a martelé Abibatou Diallo, présidente du Cosef de Sédhiou.

En proposant une approche intégrée agissant simultanément sur la formation, les compétences et l’insertion, le Prajef redonne espoir et dignité aux femmes et aux jeunes de la Haute-Casamance.

Par Aladji BADJILANG – eh.coly@lequotidien.sn