Quarante ans au service des populations, et un virage institutionnel désormais jugé indispensable. Le Poste de santé de Kabatoki a marqué son quarantième anniversaire les 28, 29 et 30 mai 2026. La cérémonie officielle, qui s’est tenue ce samedi 30 mai, a servi de tribune aux acteurs de la santé et aux notables locaux pour lancer un appel pressant à l’Etat : transformer cette structure de quartier en un véritable centre de santé.

En marge des doléances sanitaires, le comité d’organisation a également alerté sur la vulnérabilité sécuritaire de la zone. Confrontés à une forte croissance démographique, les riverains subissent la recrudescence des vols de bétail et des agressions à l’arme blanche. Pour y faire face et pallier les retards de prise en charge, l’implantation d’un poste de police de proximité a été vivement sollicitée.

Invité d’honneur de cette journée officielle, le Dr Aliou Dia a exhorté les habitants de Kabatoki, de Sing-Sing, de Lyndiane et de l’ensemble de la commune de Kaolack à s’approprier cet événement. «Un poste de santé, c’est avant tout un lieu où l’on préserve la vie. L’objectif de cette célébration est double», a-t-il rappelé.

Le premier volet, mémoriel et social, visait à consolider la cohésion communautaire en rendant un vibrant hommage aux agents de santé qui se sont relayés au chevet des patients depuis 1986. Des prières appuyées ont été formulées à l’endroit des pionniers, qu’ils soient encore en vie ou disparus. Le second volet, résolument politique, porte la voix d’une communauté exigeant la mise aux normes de son infrastructure médicale. Selon le Dr Dia, tous les feux sont au vert pour cette transition : l’assiette foncière est disponible, l’adhésion populaire est totale, et la localité dispose déjà de ressources humaines qualifiées, notamment des médecins et des pharmaciens prêts à se déployer.

Kabatoki, cœur battant de la «nouvelle Kaolack»

Pour le praticien, l’accès à des soins de qualité ne doit plus être un luxe, mais un droit effectif. Bien que situé à une distance de 7 à 10 kilomètres du centre-ville de Kaolack, le secteur de Kabatoki souffre encore d’un déficit chronique d’investissements sur les plans sanitaire et éducatif. Afin de formaliser cette demande, un comité de suivi a été officiellement installé pour piloter et accompagner le projet d’élévation de la structure.

Le Dr Dia a longuement insisté sur la position hautement stratégique du quartier. Aggloméré aux secteurs de Sing-Sing et de Lyndiane, Kabatoki préfigure la «nouvelle Kaolack», la ville-centre étant aujourd’hui saturée et dépourvue de réserves foncières habitables. «Chaque semaine, de nouvelles familles s’installent ici. Avec la relance attendue de la zone industrielle de Sing-Sing/Lyndiane, le flux permanent de gros porteurs, l’organisation régulière de cérémonies de lutte traditionnelle (aïras) et d’événements religieux majeurs, la pression démographique va s’accélérer. Il y a la proximité avec la Senelec (Fahaes), les Salins du Sine-Saloum, et bien d’autres dynamiques économiques. Face à cela, il faut anticiper et cesser d’être dans la réaction», a conclu le médecin.

Le poste de santé de Kabatoki a passé le cap des 40 ans d’existence. Le défi est désormais lancé aux autorités de tutelle pour offrir à cette banlieue en pleine expansion une couverture sanitaire à la hauteur de ses ambitions.

Par Modou NDIAYE – Correspondant