En marge d’une journée de don de sang qu’il a initiée à Guinguinéo, Tidiane Wade, acteur de développement local et responsable du parti Pur, a dressé un diagnostic sans complaisance de la campagne agricole. Entre mévente des récoltes, spéculation sur les prix et nécessité de moderniser la Sonacos, il appelle l’Etat à une intervention d’urgence pour protéger les intérêts des producteurs du bassin arachidier.
Par Modou Moustapha NDIAYE – C’est un constat amer malgré des récoltes abondantes. Si la pluviométrie a été généreuse cette année, le bonheur des agriculteurs de Guinguinéo est de courte durée. Sur le terrain, le paradoxe est frappant : les greniers sont pleins, mais les poches sont vides. Tidiane Wade, tout en saluant la visite de proximité du Premier ministre Ousmane Sonko dans le Saloum, souligne que le véritable défi reste l’organisation structurelle de la commercialisation. «Nous vivons de l’arachide. Pourtant, malgré une récolte satisfaisante, l’organisation de la campagne laisse à désirer. Les paysans peinent à écouler leurs graines car les opérateurs brillent par leur absence ou leur manque de liquidités», déplore-t-il.
Le spectre du marché noir et la précarité rurale
Dans les 12 communes du département de Guinguinéo, le blocage des points de collecte officiels pousse les producteurs vers le secteur informel. Selon M. Wade, certains opérateurs profitent de la détresse financière des paysans pour bafouer les directives gouvernementales. Si le prix officiel est de 305 F Cfa le kilogramme, la réalité du marché noir est autre : il est de 275 F Cfa le kilogramme. Tidiane Wade demande une réévaluation à 500 F Cfa pour garantir une rentabilité réelle face au coût de la vie.
Pour le responsable du Pur, l’Etat doit intensifier les contrôles et faciliter l’ouverture des frontières aux opérateurs étrangers afin de créer une saine concurrence qui profitera, in fine, au cultivateur local.
Le plaidoyer de Tidiane Wade ne s’arrête pas à la simple vente des graines. Il voit plus loin en appelant à la résurrection industrielle de la région de Kaolack à travers la Sonacos de Lydiane. Autrefois, l’usine était un carrefour économique drainant des milliers de jeunes et de femmes. Sa relance permettrait de stabiliser la main-d’œuvre locale. «On ne peut viser l’autosuffisance alimentaire sans une unité industrielle forte, capable de transformer la production nationale», dit-il en plaidant un développement des pôles territoires : car, une Sonacos performante est le moteur indispensable pour dynamiser l’économie du bassin arachidier.
Un appel à la planification stratégique
En conclusion, Tidiane Wade exhorte le gouvernement à passer des paroles aux actes en injectant les financements techniques et financiers nécessaires pour réhabiliter ce «patrimoine national». Pour lui, la survie du monde rural et la réussite des politiques de développement territorial dépendent d’une gestion rigoureuse et d’un soutien indéfectible à ceux qui nourrissent le pays.
