Mardi dernier, lors de la cérémonie de sortie de la promotion 2024-2026 du Centre de formation judiciaire, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a fermement plaidé pour une formation continue et innovante des magistrats. Soulignant l’évolution rapide du Droit et de la société, marquée par la numérisation et la complexité croissante des litiges, le chef de l’Etat a réaffirmé le rôle central de l’indépendance de la Justice comme pilier de l’Etat de Droit, garantissant l’égalité de tous devant la loi…
Par Justin GOMIS – Lors de la cérémonie de sortie de la promotion 2024-2026 du Centre de formation judiciaire, le chef de l’Etat sénégalais a exhorté les nouveaux magistrats à adopter une formation continue et innovante pour répondre aux mutations technologiques et sociétales. Rappelant la noblesse et la lourdeur de leur charge, Bassirou Diomaye Faye a vigoureusement réaffirmé que l’indépendance de la Magistrature n’est pas un privilège, mais un devoir de résistance absolue face à toutes les formes d’influence. S’adressant aux nouveaux diplômés prêts à «dire le Droit et rendre la justice au nom du Peuple sénégalais», le président de la République a insisté sur l’exigence de mise à niveau face à la numérisation des procédures et à la complexité des contentieux : «Je vous invite (…) à renforcer en permanence votre formation. Le Droit évolue, la société se transforme, de nouveaux contentieux émergent.»
Au-delà des compétences techniques, c’est sur l’éthique et l’impartialité que le chef de l’Etat a fondé son discours, insistant lourdement sur le caractère sacré de la fonction de juger. «L’indépendance du juge est un droit pour le justiciable, mais elle est plus encore un devoir pour le magistrat -un sacerdoce», a-t-il rappelé avec gravité. S’adressant directement à la conscience des jeunes magistrats, il les a invités à faire preuve d’un courage inébranlable dans l’exercice de leurs fonctions : «Il vous faudra résister à toutes les formes de pression, et vous souvenir que la peur n’a jamais rendu un seul jugement juste.»
Pour Bassirou Diomaye Faye, cette autonomie totale est le fondement même de la cohésion sociale et républicaine. Elle constitue «le bouclier du faible face au fort, du citoyen ordinaire face à la puissance publique, de l’accusé face à l’accusation». C’est aussi, selon ses mots, «la promesse que nul, si haut placé soit-il, n’est au-dessus de la Loi, et que nul, si humble soit-il, n’est en dehors de sa protection».
Le Président a ainsi tenu à tracer une ligne rouge quant aux dérives possibles lorsque ce principe est bafoué, rappelant l’impact direct sur la démocratie : «Là où les juges sont indépendants, les droits fondamentaux sont effectivement garantis. Là où la Justice plie sous les volontés des puissants, la démocratie se vide de sa substance et l’Etat de Droit n’est plus qu’une promesse trahie.» C’est fort de ce constat qu’il a proclamé, «avec la plus haute solennité, que l’indépendance de la Magistrature constitue un pilier intangible de la République que nous bâtissons ensemble».
Tout en saluant les investissements de l’Etat dans la modernisation numérique des juridictions pour réduire les délais de traitement, le Président a invité les récipiendaires à s’inspirer de leur prestigieuse marraine, Dior Fall Sow. Une figure qui incarne à ses yeux «la compétence alliée à l’intégrité, la fermeté de la conviction tempérée par l’humanité du jugement», prouvant de manière éclatante que l’excellence judiciaire n’a pas de genre.
justin@lequotidien.sn

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