A l’occasion de la Journée mondiale du théâtre, célébrée chaque 27 mars, la compagnie Kaddu Yaraax a choisi de prendre les devants. En célébrant l’événement dès ce jeudi 26 mars, la troupe de Yaraax souhaite offrir un espace d’expression dédié avant les grands rassemblements nationaux.
Par Amadou MBODJI – Le monde des planches est en effervescence. Créée en 1961 par l’Unesco, la Journée mondiale du théâtre est un rendez-vous planétaire visant à sensibiliser les gouvernements et le public sur l’importance du théâtre comme levier de développement culturel et social. Au Sénégal, les acteurs du secteur ne sont pas en reste. C’est le cas de la compagnie Kaddu Yaraax, qui a décidé de marquer le coup dès ce jeudi 26 mars, à la veille de la date officielle.
Les raisons d’un calendrier décalé
Mamadou Diol, directeur artistique de la compagnie, justifie ce choix par une volonté de cohérence et de visibilité. «Nous le faisons par anticipation pour ne pas gêner la célébration nationale du 27 mars, moment où tout le monde se regroupe. De plus, avec notre pratique spécifique du théâtre-forum, nous organisons souvent les festivités un jour à l’avance pour disposer de plus de temps afin d’éplucher tous les thèmes et le programme du jour», explique-t-il.
Pour Mamadou Diol, cette journée est une vitrine essentielle pour toutes les formes d’expression dramatique, du théâtre classique aux formes les plus expérimentales : «C’est un moment de communion qui rassemble pratiquants, amateurs, journalistes et chercheurs universitaires utilisant le théâtre comme outil de formation ou de recherche.» C’est un programme riche entre débats et représentations. Car, pour cette édition, Kaddu Yaraax propose un menu diversifié : causeries thématiques sur l’évolution de l’art dramatique, représentations théâtrales en direct et projections de films documentant les pratiques théâtrales au Sénégal et à l’international. L’objectif est clair : partager les savoir-faire locaux tout en restant ouvert sur les tendances mondiales.
La formation et le financement : les éternels défis
Malgré l’aspect festif, la réalité du terrain reste marquée par des obstacles structurels persistants. Mamadou Diol ne cache pas les difficultés auxquelles fait face le théâtre sénégalais, citant le manque de moyens comme principal frein à la qualité. «Le maître-mot reste la formation. Il y a un réel besoin d’élever le niveau technique, mais aussi de financer les créations artistiques. Le théâtre exige des résidences de création et de nombreuses séances de répétition avant la scène. Tout cela nécessite des moyens financiers pour stabiliser et professionnaliser les acteurs», rappelle-t-il en insistant sur une célébration collective de l’évènement.
Pour cette journée d’anticipation, Kaddu Yaraax n’est pas seule. Plusieurs troupes de renom ont répondu à l’appel pour magnifier cet art : la troupe «Kër gu mag» de Sébikhotane, la troupe «Bët» de Guédiawaye, ainsi que «Bolo Thiossane» de Yaraax. Ensemble, ils feront vibrer les planches avant l’heure, rappelant que le théâtre, au-delà du divertissement, reste un miroir essentiel de la société.
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