A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la rage célébrée ce 28 septembre 2026 à Dagana, le Sénégal dresse un bilan sanitaire préoccupant. Entre urgence clinique et recrudescence des cas, la maladie continue de faire des victimes. Les autorités sanitaires et vétérinaires appellent à une mobilisation générale pour inverser la courbe et viser zéro décès d’ici 2030.

La situation épidémiologique de la rage au Sénégal alerte au plus haut sommet de l’Etat. Selon les données officielles du Programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées (Pnlmtn), neuf (9) cas de rage humaine ont été enregistrés entre janvier 2025 et juin 2026. Une statistique tragique pour une maladie pourtant entièrement évitable, mais dont l’issue demeure fatalement mortelle dès l’apparition des premiers symptômes.

Les indicateurs de l’exposition humaine révèlent une menace omniprésente sur l’ensemble du territoire : après 7037 personnes mordues ou exposées recensées en 2025, près de 3990 cas supplémentaires ont déjà été notifiés au cours du seul premier semestre de l’année 2026. Cette hausse des cas humains s’explique par la persistance de la circulation du virus chez les animaux. Rien qu’entre janvier et juillet 2026, pas moins de 36 cas de rage animale ont été confirmés chez plusieurs espèces, principalement transmises par les chiens.

C’est précisément la gravité de ces indicateurs qui justifie le choix du département de Dagana, dans la région de Saint-Louis, pour accueillir la célébration officielle de la Journée mondiale sous le thème «Plus forts ensemble». Le district enregistre en effet un nombre particulièrement élevé de cas de rage animale et d’expositions humaines au risque rabique, nécessitant une intervention d’urgence sur la surveillance et la prophylaxie.

Face à ce constat, le ministère de la Santé et de l’hygiène publique, ainsi que le ministère de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l’élevage unissent leurs forces. L’objectif est de s’attaquer au mal à la racine par la vaccination canine massive et le contrôle des animaux errants, tout en assurant un meilleur accès aux soins.

Aujourd’hui, le coût et la disponibilité de la prophylaxie post-exposition (vaccins et immunoglobulines antirabiques) restent des obstacles majeurs pour les ménages modestes. Le gouvernement a ainsi engagé un plaidoyer pour subventionner ces traitements urgents et les intégrer dans la Couverture sanitaire universelle (Csu).

Les réflexes d’urgence pour sauver des vies

Les autorités rappellent avec insistance qu’aucun traitement traditionnel ne peut guérir la rage et que chaque minute compte après une agression animale. En cas de morsure, griffure ou léchage sur une peau lésée par un animal suspect, la conduite à tenir doit être immédiate : laver abondamment la plaie à l’eau et au savon pendant au moins 15 minutes, appliquer un antiseptique si disponible, de se rendre sans délai dans la structure de santé la plus proche pour suivre le protocole de vaccination post-exposition, signaler l’animal aux services vétérinaires pour mise en observation.

En mobilisant les collectivités, les propriétaires d’animaux et les professionnels de santé, le Sénégal espère enrayer la chaîne de transmission pour atteindre l’objectif mondial : zéro décès humain dû à la rage transmise par les chiens d’ici 2030.