A l’approche des Jeux Olympiques de la Jeunesse (Joj) Dakar 2026, le Coordonnateur général du Cojoj, Ibrahima Wade, et le Directeur général de la Sodav, Aly Bathily, rappellent l’importance de la création artistique et du respect des droits d’auteur. Pour les deux intervenants, la réussite de ce rendez-vous mondial passe aussi par la valorisation des artistes et de la culture.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Le compte à rebours est lancé pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse (Joj) Dakar 2026. Au-delà des performances sportives et du défi organisationnel, le Sénégal est attendu sur un autre terrain : celui de la place accordée à la culture et du respect des droits des créateurs. Coordonnateur général du Comité d’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (Cojoj), Ibrahima Wade en est convaincu : «Si la culture marche, le pays marche.» Une vision partagée par le Directeur général de la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav), Aly Bathily, pour qui «le sport et la culture forment un tout. On ne peut pas les dissocier».
Pour Ibrahima Wade, la culture ne doit pas être considérée comme un simple accompagnement des compétitions sportives. Elle constitue un véritable levier de développement, comme l’ont démontré plusieurs pays. A ses yeux, l’olympisme dépasse largement les terrains et les stades. Il englobe aussi la musique, la danse, les arts visuels, la gastronomie, les tenues vestimentaires et toutes les formes d’expression qui contribuent à l’identité et au rayonnement d’un pays. «Je pense que nous n’aurions pas pu organiser les Jeux avec toutes les créations que nous utilisons sans rendre hommage aux créateurs», souligne le Coordonnateur général du Cojoj. Il inscrit ainsi la démarche engagée avec la Sodav dans une double exigence, morale et légale, mais également dans une perspective historique pour le Sénégal et le continent africain.
Le respect des droits, une exigence olympique
En se rapprochant de la Sodav, les organisateurs des Joj ont voulu intégrer la protection des droits d’auteur dans la préparation de l’événement. Ibrahima Wade invite d’ailleurs les organisateurs de manifestations à suivre cette voie. «En vous rapprochant de la Sodav, vous remplissez d’abord une obligation, mais vous bénéficiez également de précieux conseils», explique-t-il, saluant l’accompagnement de la société de gestion collective.
Pour lui, l’Afrique ne peut pas se contenter de relever le défi matériel de l’organisation des grands rendez-vous internationaux. Elle doit également démontrer sa capacité à respecter les règles et à honorer ses engagements. «Ce n’est pas parce que nous sommes en Afrique que nous devons nous permettre de faire moins. Au contraire, nous sommes attendus», insiste-t-il.
Cette exigence prend une dimension particulière à l’approche de la cérémonie d’ouverture au Stade Abdoulaye Wade, où le continent accueillera le monde sous les projecteurs internationaux. Pour Ibrahima Wade, l’utilisation d’une multitude de créations artistiques implique nécessairement le respect des droits de celles et ceux qui les produisent.
La culture, aussi un enjeu économique
De son côté, Aly Bathily insiste sur la complémentarité entre les activités sportives et les expressions culturelles qui les accompagnent. Des compétitions de lutte aux grands rendez-vous internationaux, en passant par les animations musicales et les prestations de sabar, la culture contribue à l’ambiance, à l’attractivité et à la mobilisation du public.
Cette présence représente également une source de revenus pour les artistes et les professionnels concernés. Le Directeur général de la Sodav rappelle que les enjeux économiques ne se limitent pas aux prestations en direct. Les retransmissions télévisées et l’exploitation des contenus sur les plateformes numériques constituent aussi des sources potentielles de droits et de rémunération.
Le respect de ces droits concerne autant les créateurs sénégalais que les ayants droit étrangers. A travers les mécanismes de coopération entre sociétés de gestion collective, notamment au sein de la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (Cisac), les droits peuvent être administrés au-delà des frontières, conformément aux accords de représentation réciproque. Aly Bathily plaide ainsi pour une meilleure connaissance du droit d’auteur, grâce à la sensibilisation et à la pédagogie. L’enjeu est de responsabiliser les organisateurs, d’encourager les bonnes pratiques et de consolider la protection des créateurs.
A Dakar 2026, la performance ne se jouera donc pas uniquement sur les terrains. Pour Ibrahima Wade comme pour Aly Bathily, la portée de l’événement se mesurera aussi à sa capacité à faire rayonner la culture et à reconnaître justement le travail de ceux qui la font vivre.
latifmansaray@lequotidien.sn
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