Installé officiellement, ce mardi, dans ses fonctions de Chef d’état-major général des Armées (Cemga), le Vice-amiral d’escadre Oumar Wade a dévoilé sa feuille de route stratégique. Entre le parachèvement du format 2025, le renforcement du maillage sécuritaire à l’Est du pays et l’adaptation des ressources humaines, le nouveau patron des Armées entend bâtir une force moderne, ancrée dans la résilience communautaire et prête à répondre aux mutations profondes de l’environnement sécuritaire sous-régional.
Par Justin GOMIS – C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour les Forces armées sénégalaises. Dans un contexte marqué par une instabilité persistante au Sahel, le Vice-amiral d’escadre Oumar Wade prend les commandes avec une «ambition claire» : poursuivre l’édification d’une Armée professionnelle, républicaine et résolument tournée vers le développement socio-économique du pays.
L’horizon 2035 en ligne de mire
Pour le nouveau Cemga, l’urgence est d’abord structurelle. Sa première priorité consiste à finaliser le «format 2025» pour amorcer sans transition le Plan de consolidation 2025-2029. L’objectif est de préparer l’horizon 2035 en comblant les déficits capacitaires par une politique d’acquisition «réaliste». «Il nous faut répondre aux besoins immédiats, tout en optimisant les coûts de possession et la durée de vie de nos équipements», a-t-il précisé lors de son allocution.
Le défi sécuritaire de l’Est
Face à la pression sécuritaire aux frontières, le Vice-amiral Wade place la «posture orientale» au cœur de son dispositif. La densification du maillage militaire dans cette zone de responsabilité sera une priorité absolue pour protéger le sanctuaire national des répercussions des crises sahéliennes.
Le capital humain : du recrutement à la reconversion
Conscient que la valeur d’une Armée repose sur ses hommes, le Cemga a fait de la gestion des ressources humaines son «chantier organique principal». Sa vision englobe tout le parcours du militaire : identification des profils adaptés aux nouveaux métiers de la défense, adéquation entre l’emploi, la qualification et le grade, amélioration de l’environnement social et préparation rigoureuse à la reconversion civile. Il a également insisté sur la qualité de l’encadrement dans les écoles et instituts de formation, piliers de l’excellence opérationnelle.
Vers une «culture de défense partagée»
L’une des innovations majeures de son discours réside dans l’accent mis sur la résilience territoriale. Pour le Vice-amiral Wade, l’Armée ne peut agir seule face aux menaces hybrides et aux risques climatiques. Il prône ainsi un renforcement du lien Armée-Nation à travers : une veille citoyenne active comme premier maillon de la protection, une collaboration étroite avec les autorités territoriales, et un service national élargi combinant formation civile et initiation à la défense pour créer un vivier de jeunes conscients des enjeux de souveraineté. «Une Armée n’est forte que par l’adhésion de sa Nation», semble dire le nouveau Cemga, qui place la cohésion nationale au sommet de ses engagements pour garantir la stabilité du Sénégal.
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