Le ministère de l’Emploi, de la formation professionnelle et technique et le projet «Formation, dignité et inclusion» ont paraphé un protocole de partenariat. L’objectif est de rapprocher davantage les jeunes des opportunités d’emploi et contribuer à une meilleure adéquation entre les formations dispensées et les besoins de l’économie nationale.
Par Badé SECK – Le Sénégal veut réduire le fossé entre la formation et l’emploi. C’est tout le sens du protocole de partenariat signé, hier, entre la Direction de l’emploi du ministère de l’Emploi, de la formation professionnelle et technique et l’Ong Vis (Volontariat international pour le développement), avec l’appui de l’Agence italienne pour la coopération au développement. Au-delà d’un simple accord de coopération, les deux partenaires affichent la volonté de rendre les services publics de l’emploi plus performants, plus proches des territoires et davantage en phase avec les besoins du marché du travail.
Pour le directeur de l’Emploi, Cheikh Ahmadou Abdoul Guèye, cette collaboration doit produire des résultats rapidement perceptibles par les usagers. Il s’agit notamment de renforcer les capacités des quinze pôles territoriaux de l’emploi grâce à la formation de leurs responsables, au transfert de compétences, au partage d’expériences et à la modernisation des outils de travail.
Selon lui, l’ambition ne se limite pas à doter les services de nouveaux équipements informatiques. «Leur véritable valeur réside dans leur capacité à améliorer l’accueil des demandeurs d’emploi, le suivi des bénéficiaires, la collecte des données sur le marché du travail et le pilotage territorial des politiques publiques», a-t-il expliqué. A terme, ces pôles devront devenir de véritables plateformes territoriales de services intégrés, capables de rapprocher les jeunes des opportunités économiques, d’identifier les besoins des entreprises et d’alimenter le futur Système d’information sur le marché du travail ainsi que l’Observatoire national de l’emploi et des qualifications.
Le directeur de l’Emploi a également insisté sur la dimension territoriale du partenariat. Selon lui, les pôles emploi sont appelés à devenir des espaces de concertation réunissant administrations, entreprises, partenaires techniques et financiers, organisations de la Société civile et structures de formation. Une dynamique qui, à son avis, contribuera à une meilleure gouvernance de l’emploi dans les territoires.
Saluant «un partenariat de référence», Cheikh Ahmadou Abdoul Guèye a remercié l’Ong Vis et l’Agence italienne pour la coopération au développement pour leur accompagnement, qu’il juge pleinement aligné sur les priorités nationales en matière d’emploi. Il a toutefois rappelé que la signature du protocole «ne marque pas un aboutissement, mais le début d’une responsabilité partagée» au service de la transformation du marché du travail sénégalais.
Des formations davantage connectées aux besoins des entreprises.
Même volonté affichée du côté de l’Ong Vis. Sa Représentante pays, Federica Farné, a indiqué que le projet mettra un accent particulier sur l’adaptation des formations aux exigences du marché du travail. En collaboration avec la Direction des curricula et des innovations pédagogiques, plusieurs modules de formation sont en cours d’élaboration dans des secteurs porteurs tels que l’électricité, les installations énergétiques, les énergies renouvelables et la restauration.
Pour l’organisation, cette démarche répond à une double exigence : améliorer l’employabilité des jeunes tout en apportant une réponse aux défis migratoires qui touchent plusieurs régions du Sénégal. «En tant qu’organisation intervenant dans le domaine de la migration, nous voulons soutenir le Sénégal en nous alignant sur les politiques nationales d’appui aux jeunes et à leur insertion professionnelle», a-t-elle affirmé.
Des équipements pour moderniser les services de l’emploi
La cérémonie a également été marquée par la remise d’un important lot de matériels informatiques destiné aux quinze pôles territoriaux de l’emploi. Ces équipements permettront de moderniser les services, d’améliorer l’accueil des usagers, de renforcer le suivi des demandeurs d’emploi et d’optimiser la collecte des données sur le marché du travail.
Au-delà de cette dotation, les partenaires entendent poursuivre le renforcement des capacités des agents à travers des formations, le transfert de compétences et le partage d’expériences. L’objectif est de rapprocher davantage les services publics de l’emploi des réalités économiques locales et de consolider les liens avec les entreprises.
Cette initiative intervient dans un contexte où l’insertion professionnelle des jeunes demeure l’un des principaux défis du Sénégal. Chaque année, des milliers de diplômés issus des universités, des établissements d’enseignement technique et des centres de formation peinent à accéder à un premier emploi. En renforçant les dispositifs d’accompagnement et en favorisant une meilleure adéquation entre les compétences acquises et les besoins de l’économie, les partenaires espèrent faciliter la transition des jeunes vers des emplois durables et décents.
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