Lors du Conseil des ministres du 29 juillet, le gouvernement a tiré la sonnette d’alarme face à la dégradation critique de la situation alimentaire durant la période de soudure. Les départements de Goudiry, Salémata, Bambey, Matam, Podor et Ranérou sont particulièrement exposés. Face à cette urgence, le Premier ministre a ordonné la mobilisation immédiate de fonds pour secourir les populations et le bétail.

Par B. SAKHO – La période de soudure (juin-juillet-août) s’annonce particulièrement rude cette année pour de nombreux ménages et élevages du pays. Abordant la situation alimentaire lors de sa communication au Conseil des ministres ce mercredi 29 juillet, le Premier ministre a souligné le caractère «très stressant» de ce cap conjoncturel, marqué par l’épuisement des réserves céréalières avant les prochaines récoltes.

Les conclusions de la dernière session d’analyse du Cadre harmonisé sur la sécurité alimentaire, coordonnées par le Secrétariat technique du Conseil national de sécurité alimentaire (St-Cnsa), révèlent une dégradation significative des indicateurs. L’insécurité alimentaire sévère ne frappe pas de manière uniforme : elle se concentre de manière aiguë dans six départements particulièrement vulnérables. Le Nord et la vallée du fleuve : Podor et Matam, confrontés à des pressions climatiques et à la hausse du coût des denrées. La zone sylvopastorale : Ranérou, où l’accès aux pâturages et à l’eau devient précaire pour le bétail. L’Est et le Sud-est : Goudiry et Salémata, isolés géographiquement et durement touchés par la baisse des capacités de subsistance des ménages. Et le bassin arachidier n’est pas épargné : Bambey, au cœur du pays, subissant également de plein fouet l’épuisement des stocks familiaux. Ces zones concentrent le plus grand nombre de personnes en situation de détresse alimentaire et nécessitent une assistance ciblée sans délai.

L’Etat enclenche la riposte d’urgence

Face à cette menace sur la cohésion sociale et la santé des populations, le chef du gouvernement a pris le taureau par les cornes. Il a donné des instructions fermes au ministre de l’Economie, des finances et du plan pour débloquer en urgence l’intégralité des ressources nécessaires. Ces fonds serviront à financer le Plan national de réponses (Pnr), véritable colonne vertébrale des interventions d’urgence face aux crises alimentaires, nutritionnelles et pastorales.

Toutes les entités étatiques de secours ont été sommées d’activer leurs leviers de riposte. Sont notamment en première ligne : le Commissariat à la sécurité alimentaire et à la résilience du Sénégal (Csar) et le Fonds de solidarité nationale (Fsn) pour la distribution de vivres de course ; l’Opération de sauvegarde du bétail (Osb) pour fournir de l’aliment de bétail subventionné aux éleveurs des zones pastorales (comme Ranérou ou Podor) ; le Conseil national de développement de la nutrition (Cndn) pour la prise en charge de la malnutrition, notamment chez les enfants et les femmes enceintes ; le Programme national de bourses de sécurité familiale (Pnbsf) pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages les plus démunis.

Un Conseil interministériel d’évaluation la semaine prochaine

Signe que l’Exécutif suit le dossier de très près, un Conseil interministériel spécialement dédié à l’évaluation du dispositif de prise en charge est convoqué pour la semaine prochaine. Cette rencontre permettra de faire un point d’étape rigoureux sur le déploiement effectif de l’aide sur le terrain, en particulier dans les six départements prioritaires, afin de garantir qu’aucun citoyen ni aucun cheptel ne soit laissé pour compte durant ce cap critique.

bsakho@lequotidien.sn