Réunis dans la capitale sénégalaise, les partenaires du programme Avenir ont dressé le bilan d’une année de transformation agricole en Casamance et au Sénégal oriental. Entre résultats record et défis de durabilité, ce projet financé par le Canada s’impose comme un modèle d’innovation inclusive pour l’autonomisation des femmes et des jeunes ruraux.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – C’est à Dakar que s’est tenu le Forum sur l’innovation et les partenariats agroalimentaires, consacré au programme Adaptation et valorisation entrepreneuriales en irrigation rurale (Avenir). Cette rencontre de haut niveau a réuni institutions, partenaires techniques, chercheurs et bénéficiaires autour d’un objectif central : accélérer la transformation agricole par l’innovation technologique et sociale. Et le bilan dépasse les attentes. Financé à hauteur de 18 millions de dollars canadiens par Affaires mondiales Canada et mis en œuvre par l’Ong Meda, le projet concentre ses efforts dans les régions de Tambacounda et Sédhiou. Ces zones, bien que dotées d’un fort potentiel, restent vulnérables aux aléas climatiques.
Face aux participants, le Chef de projet pays de Meda a présenté un bilan «très encourageant». En seulement un an, le programme a largement dépassé ses objectifs initiaux : 12 500 bénéficiaires directs (pour une cible de 11 500) ; 65 000 bénéficiaires indirects touchés par les actions de terrain. «Ces résultats démontrent que notre modèle est non seulement pertinent, mais également viable», a-t-il affirmé.
L’accent sur l’inclusion et la science
L’autonomisation économique des femmes et des jeunes constitue le cœur battant du projet. A ce jour, plus de 2, 5 millions de dollars canadiens ont été mobilisés pour soutenir des entreprises de transformation locale, visant à structurer des chaînes de valeur durables. Dr Issa Ouedraogo, Représentant pays de l’Alliance Bioversity international & Ciat, a souligné l’importance de l’approche scientifique : «Nous avons construit une base de données solide pour orienter les actions et faciliter leur passage à l’échelle.»
Le volet technique d’Avenir repose sur quatre piliers stratégiques : l’information climatique en temps réel (en collaboration avec l’Anacim), la gestion efficiente de l’eau, l’amélioration de la fertilité des sols et la promotion de la nutrition. Grâce au développement d’applications numériques, les producteurs optimisent désormais leurs pratiques. Selon les chercheurs, l’adhésion est telle que de nombreux bénéficiaires sont désormais prêts à contribuer financièrement pour accéder à ces services climatiques.
Malgré ces succès, le forum a mis en lumière des zones d’ombre. L’accès aux marchés et la résistance au changement de certaines organisations restent des obstacles. «Le changement de comportement demande du temps et de la continuité», ont reconnu les intervenants.
A l’heure du bilan, le consensus est clair : l’expérience Avenir doit être élargie. Les perspectives incluent désormais l’extension à d’autres régions et le renforcement des synergies entre recherche et investissement privé. Au-delà des statistiques, ce forum aura confirmé une conviction : l’innovation agroalimentaire, lorsqu’elle est ancrée dans les réalités territoriales, est un puissant levier de développement pour le monde rural.
latifmansaray@lequotidien.sn

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