A travers la résidence artistique bilatérale «Passe Frontières», Hortence Gomis Mme Diop, administratrice, médiatrice et entrepreneure culturelle, entend bâtir des passerelles entre créateurs sénégalais et étrangers. La fondatrice de Kassika Management revient sur la première phase du projet tenue au Sénégal du 31 mai au 12 juin 2026, détaille les blocages administratifs ayant retardé le second volet en Belgique et annonce le nouveau calendrier.
Propos recueillis par Amadou MBODJI – Comment vous est venue l’idée d’organiser la résidence artistique «Passe Frontières» ?
L’idée est née d’un constat simple : les artistes sénégalais peinent souvent à nouer des collaborations avec leurs pairs du reste du monde. Sachant que l’artiste belge Deux Pan est un ami proche de mon mari, l’artiste Meuz Gooren, je me suis dit pourquoi ne pas créer un cadre permettant à ces créateurs de révéler leur potentiel à l’international ? C’est ainsi qu’est née la résidence artistique bilatérale «Passe Frontières».
Quel bilan tirez-vous de la première phase ?
Le bilan est plus que satisfaisant. Cette étape s’est déroulée du 31 mai au 12 juin 2026 à Dakar, avec la venue de l’artiste belge Deux Pan. A l’issue de ce séjour, nous avons réalisé un mini-documentaire, enregistré des entretiens avec les deux résidents et finalisé trois titres sur les six à dix morceaux prévus pour l’album final. Comme il s’agit d’un projet bilatéral, le plasticien sénégalais Meuz Gooren devait à son tour se rendre en Belgique pour la seconde phase, initialement programmée du 31 juillet au 14 août 2026.
Qu’est-ce qui explique le report de ce second volet ?
Nous sommes confrontés à d’importants obstacles administratifs, notamment pour obtenir un rendez-vous afin de déposer la demande de visa. Ce n’est d’ailleurs pas le seul problème. Depuis janvier, j’ai adressé plusieurs courriers aux ministères de tutelle pour solliciter un soutien institutionnel, mais je n’ai obtenu ni réponse ni audience. Pourtant, «Passe Frontières» vise précisément à consolider les ponts culturels entre le Sénégal et la Belgique à travers la création partagée. Après une première étape menée entre Keur Massar et Saly, la seconde doit normalement se tenir à Liège.
A quelles dates espérez-vous concrétiser cette étape belge ?
Faute de créneau pour le dépôt du dossier de visa à la date initiale, nous avons dû réajuster notre agenda. La deuxième phase est désormais reprogrammée du 5 au 20 octobre 2026, Inch’Allah.
ambodji@lequotidien.sn
