C’est un paysage inhabituel qu’offrait, ce mardi, l’Hôpital général Idrissa Pouye (ex-Cto). Alors que le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) observait son mot d’ordre de grève, l’un des plus grands centres hospitaliers du pays a tourné au ralenti toute la journée d’hier.
Dès l’entrée principale, le constat est frappant : les files d’attente interminables qui caractérisent habituellement l’établissement ont cédé la place à une étrange quiétude. Devant les guichets d’enregistrement et les caisses, seuls quelques rares usagers patientaient, pris au dépourvu. Dans les couloirs habituellement bondés, le silence régnait.
A la place du flot habituel de patients venus pour des consultations externes, seuls les infirmiers, sages-femmes, aides-soignants et brancardiers étaient visibles dans les services, assurant le service minimum et la prise en charge des urgences vitales. En revanche, pas l’ombre d’un médecin dans les bureaux de consultations. Pour les centaines de malades venus honorer un rendez-vous parfois pris depuis plusieurs mois, la désillusion a été totale. Tous ont été contraints de rebrousser chemin ou d’attendre un report sine die de leurs examens.
Ce suivi massif du mot d’ordre du Sames à l’Hôpital Idrissa Pouye illustre la détermination des praticiens à faire entendre leurs revendications auprès des autorités, quitte à paralyser temporairement le système de santé.
