Dans une Cathédrale Notre-Dame des Victoires drapée de lumière et comble de fidèles, l’Archevêque de Dakar, Mgr André Guèye, a présidé la traditionnelle messe de minuit. Au cœur de son homélie : un appel pressant à la paix, à la protection des plus vulnérables et à l’espérance en cette année jubilaire.

Par Justin GOMIS – C’est dans une ferveur toute particulière que la communauté chrétienne de Dakar a célébré, dans la nuit du mardi au mercredi, la naissance du Christ. Sous les voûtes historiques de la Cathédrale du Souvenir Africain, les chants de la chorale ont retenti dès 21h 30, accueillant une foule de fidèles, mais aussi de nombreux représentants de la Société civile et des autorités étatiques, venus communier dans l’esprit du dialogue interreligieux si cher au Sénégal.

«Là où Jésus est accueilli, la nuit recule»

Prenant la parole lors de son homélie, Mgr André Guèye a rappelé le sens profond du mystère de l’Incarnation. «Dieu ne nous donne pas quelque chose, il se donne lui-même», a-t-il souligné avec force, invitant les fidèles à voir en chaque nouveau-né et en chaque être humain le reflet de l’Enfant de la crèche.

L’Archevêque a longuement insisté sur la fragilité de la vie, exhortant la société sénégalaise à devenir un bouclier pour ses enfants. «Que les enfants qui naissent soient aimés, soignés et respectés. Une société qui sait prendre soin de ses petits se forge un mental fort pour l’avenir», a-t-il déclaré, dénonçant au passage les violences et les exploitations dont sont encore victimes les plus faibles.

Un message de réconciliation et d’espérance

Dans un contexte national et sous-régional marqué par des défis sécuritaires et sociaux, Mgr Guèye n’a pas manqué de lancer un appel à la cohésion nationale. Rappelant que 2025 est l’année sainte du Jubilé, sous le thème des «Pèlerins de l’espérance», il a exhorté les citoyens à dépasser les clivages.

«Nous sommes appelés à être des bâtisseurs de paix. Noël n’est pas seulement une fête que l’on célèbre, c’est un engagement que l’on vit. Que la lumière de Bethléem dissipe les ténèbres de la haine et du mensonge.»

Une ferveur partagée

A la sortie de la messe, vers une heure du matin, l’émotion était palpable. «C’est un message qui nous touche tous, au-delà de nos religions. Parler de paix et de protection des enfants, c’est parler de l’avenir du Sénégal», confiait un fidèle rencontré sur le parvis.

La célébration s’est achevée sous les applaudissements et les vœux de «joyeux Noël», symbole de cette exception sénégalaise où les fêtes religieuses sont le socle d’une fraternité renouvelée. L’utilité du levier disciplinaire dans le développement économique et social.

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