A quelques semaines de la rentrée des classes, le Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels) hausse le ton. Réuni en Bureau national au terme d’un conseil syndical de trois jours, le Sels accuse l’Etat de non-respect des engagements pris dans les protocoles d’accord. Pour le Secrétaire général Hamidou Diédhiou, la stabilité de l’année scolaire dépendra exclusivement de la réaction du gouvernement.

Par Justin GOMIS – L’année scolaire dont l’ouverture se profile à l’horizon pourrait connaître de fortes perturbations. Le Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels) se dit prêt à durcir le ton si le gouvernement n’honore pas ses engagements souscrits dans les protocoles d’accord signés avec les syndicats d’enseignants. «Une année scolaire apaisée en 2026-2027 dépend largement du comportement du gouvernement face aux accords signés avec les enseignants, et de rien d’autre», a averti Hamidou Diédhiou.

Pour le Secrétaire général du Sels, la responsabilité d’une éventuelle crise incombera exclusivement à l’Exécutif. «Nous l’avons toujours dit : nous n’avons pas l’ambition d’être des empêcheurs de tourner en rond. Notre objectif est d’engager une année scolaire sereine, mais il faut que le gouvernement joue sa partition. Nous sommes prêts à l’accompagner, mais tant que les accords ne seront pas respectés, personne ne pourra garantir la stabilité», a-t-il martelé à l’issue d’une rencontre de trois jours du Bureau national de la Commission administrative et du Conseil syndical national.

Un constat amer et des promesses non tenues

Au sortir de cette concertation, le diagnostic des responsables syndicaux est sans appel. «Le constat est amer, unique et partagé : le gouvernement n’a toujours pas respecté ses engagements envers le corps enseignant», déplore Hamidou Diédhiou. Pour étayer ses propos, le leader du Sels pointe du doigt le retard pris dans l’ouverture des négociations prévues pour août 2026 sur la question cruciale des «décisionnaires». «Aujourd’hui 12 septembre, cet engagement n’est toujours pas tenu», regrette-t-il, avant de mentionner un second point de friction : le calendrier de révision du système de rémunération, qui devait s’ouvrir en ce mois de septembre et pour lequel aucune avancée n’a été notée.

Pourtant, rappellent les syndicalistes dans leur déclaration préliminaire, l’Etat s’était engagé solennellement à répondre favorablement aux revendications et à insuffler une nouvelle dynamique dans le suivi des accords. Ils soulignent qu’en dépit d’un contexte social difficile, les enseignants ont fait preuve de responsabilité en assurant l’organisation et la supervision de l’ensemble des examens nationaux. En retour, le Sels dénonce «de la désinvolture et un manque de considération de la part des autorités».

Recrutement contesté et alerte avant la rentrée

Outre le suivi des accords-cadres, le syndicat critique vivement le «rationnement» dans la gestion des prêts Dmc (Direction des monnaies et du crédit), ainsi que les modalités du dernier recrutement complémentaire de 2527 enseignants, jugé non conforme à l’orthodoxie. Selon le Sels, cette procédure traduit un mépris flagrant des remarques formulées lors des précédents recrutements.

Désireux de prendre l’opinion publique à témoin, les responsables syndicaux précisent que leur démarche ne constitue pas une menace gratuite, mais une mise en garde solennelle. Ils annoncent qu’ils procéderont à un nouvel état des lieux dès la rentrée afin d’en tirer toutes les conséquences. «On ne pourra pas garantir une année scolaire paisible tant que nous ne constaterons pas une réelle bonne volonté du gouvernement à mettre en œuvre les accords signés», a conclu Hamidou Diédhiou.

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