Face aux réformes drastiques engagées par Riyad, le Renophus réclame une révision en profondeur des méthodes d’organisation au Sénégal. Entre contraintes de calendrier, logistique aérienne et accompagnement financier, le pèlerinage n’autorise plus aucun retard.

Par la voix de son président par intérim, Cheikh Bamba Dioum, le Regroupement national des organisateurs privés pour le Hajj et la Umrah au Sénégal (Renophus) a lancé, jeudi, un appel solennel à l’anticipation. L’Arabie saoudite a engagé des réformes profondes qui modifient radicalement le calendrier, les procédures et les exigences de l’organisation du Hajj 2027. Ces décisions imposent une rupture nette avec les habitudes du passé.

«Il n’est plus question d’attendre le mois de Ramadan ou la fin des récoltes pour démarrer les inscriptions», a prévenu Cheikh Bamba Dioum lors d’une conférence de presse. Désormais, la chaîne contractuelle s’enclenche immédiatement après la fin de chaque édition. Riyad impose des échéances rigides pour l’enrôlement, la réservation des camps à Mina et Arafat, ainsi que le règlement des prestataires : date limite absolue pour le paiement de l’ensemble des frais de prestations le 24 décembre 2026, clôture définitive du portail d’enregistrement et d’enrôlement des pèlerins prévue le 28 janvier 2027. Alors que le 9 mars 2027 est la date butoir fixée pour l’édition et la délivrance du tout dernier visa.

Afin de respecter ces délais très serrés et éviter le risque d’un rejet de candidatures, le Renophus invite l’ensemble des acteurs nationaux à synchroniser leurs actions, notamment les visites médicales anticipées : pour éviter le scénario du Hajj 2026, marqué par une ouverture tardive des consultations en janvier alors que la clôture approchait, le regroupement demande à la Délégation générale d’ouvrir le Hangar des pèlerins dès la deuxième quinzaine de novembre. La Banque islamique est sollicitée pour accélérer l’octroi des financements aux voyagistes privés, garantissant ainsi le versement dans les temps des acomptes exigés en Arabie saoudite.

Par ailleurs, le Renophus réclame l’application ferme des résolutions des grandes concertations du 2 juillet 2026. Celles-ci préconisent d’attribuer 50% du quota des pèlerins à la compagnie nationale Air Sénégal, et d’affecter le solde à des compagnies régulières afin d’harmoniser les vols avec les réservations hôtelières. Pour les voyagistes privés, la réussite du Hajj 2027 dépendra d’une sensibilisation rapide des candidats aux lieux saints face à ces nouvelles contraintes administratives.