Placer les droits humains au cœur des pratiques sécuritaires : tel est le sens de la session de renforcement des capacités destinée aux personnels opérationnels de la Police nationale. Organisée par la Commission nationale des droits de l’Homme (Cndh), en partenariat avec l’Union européenne dans le cadre de la phase 2 du Programme opérationnel conjoint (Poc 2), cette session vise à mieux outiller les participants pour promouvoir une gouvernance sécuritaire fondée sur le respect des droits fondamentaux.
L’objectif est de former le personnel de terrain aux enjeux liés à la protection des citoyens, à la cohésion sociale et à la gestion des phénomènes migratoires. Une démarche fortement saluée par la présidente de la Cndh. «C’est une volonté commune de consolider durablement l’Etat de Droit, de renforcer la culture des droits humains au sein des Forces de sécurité intérieure et de promouvoir une gouvernance sécuritaire respectueuse de la dignité humaine», a déclaré la professeure Amsatou Sow Sidibé.
Selon la présidente de la commission, le Sénégal fait face à de profondes mutations sécuritaires et sociales. A l’en croire, la migration irrégulière constitue un phénomène multidimensionnel qui soulève à la fois des questions humanitaires, économiques et sécuritaires. «Beaucoup de migrants deviennent victimes de réseaux criminels, de la traite des personnes et du trafic de migrants. Ils sont exposés à la violence, à l’exploitation et parfois à la mort», a-t-elle ajouté.
La professeure Amsatou Sow Sidibé a également rappelé que la mission des Forces de sécurité ne se limite pas au contrôle des frontières ou à la lutte contre la criminalité transfrontalière. Elle englobe tout autant la protection des personnes vulnérables et le respect des engagements internationaux du Sénégal. Pour résoudre cette équation complexe, elle estime qu’il faut s’adosser aux axes majeurs du Poc2, à savoir le suivi et la supervision des activités de terrain, le renforcement des capacités à travers des modules spécifiques sur les droits humains, ainsi que l’assistance aux victimes de traite.
De son côté, le Contrôleur général et Directeur général adjoint de la Police nationale, Abdou Wahab Sall, a tenu à rassurer sur l’engagement de l’institution à garantir les libertés individuelles et collectives. C’est d’ailleurs tout le sens du document stratégique de référence de la police. «Nous réaffirmons notre volonté de respecter et de faire respecter davantage les droits humains dans toutes nos actions quotidiennes, aussi bien en matière de Police administrative que de Police judiciaire», a-t-il indiqué.
Le Directeur général adjoint a conclu en saluant la coopération avec l’Union européenne et la Cndh, tout en annonçant la signature prochaine d’une convention de partenariat avec l’Ecole de police.
Par Justin GOMIS – justin@lequotidien.sn
