Incarcéré depuis juillet 2025 pour un présumé détournement de deniers publics de 619 millions de F Cfa, l’ancien Directeur général de l’Anamo a obtenu une mise en liberté assortie d’un contrôle judiciaire. Malgré l’opposition constante du Parquet lors des précédentes requêtes, le juge d’instruction a ouvert la voie à sa sortie de prison. Ses conseils dénoncent un dossier fondé sur un audit privé et annoncent engager le combat pour l’obtention d’un non-lieu.
Nouveau rebondissement judiciaire dans le dossier de la gestion de l’Agence nationale de la maison de l’outil (Anamo). Après treize mois passés en détention administrative et préventive, l’ancien Directeur général de la structure, Maodo Malick Mbaye, a bénéficié d’une décision de liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire. L’information a été confirmée par l’un de ses avocats, Me Oumar Youm.
Cette décision met fin à une longue bataille procédurale au sein du Cabinet d’instruction. Durant sa captivité, l’ex-patron de l’Anamo avait déjà obtenu à deux reprises un avis favorable du juge d’instruction pour sa mise en liberté temporaire, mais se heurtait systématiquement au veto de l’opposant poursuivant, le procureur de la République. Il pourra désormais attendre la suite des actes d’instruction en liberté.
Un dossier au cœur des contestations
Pour rappel, les faits remontent au 22 juillet 2025, date à laquelle Maodo Malick Mbaye avait été placé sous mandat de dépôt suite à des accusations de détournement de deniers publics estimé à 619 millions de francs Cfa. La procédure s’appuyait principalement sur un rapport d’audit commandité auprès d’un cabinet privé.
Tout au long de l’instruction préparatoire, l’accusé a constamment contesté la matérialité des faits qui lui sont reprochés. Lors de ses auditions sur le fond et au cours des confrontations organisées avec ses anciens collaborateurs -notamment le Directeur des affaires financières (Daf) et l’agent comptable de l’agence-, l’ancien responsable a nié la moindre malversation ou infraction managériale dans l’exécution des budgets de l’Anamo.
La défense vise le non-lieu
Dès le début des poursuites, l’intéressé avait choisi la stratégie de la transparence. Informé des soupçons pesant sur sa gestion alors qu’il exerçait des fonctions professionnelles au Maroc, il avait démissionné pour regagner spontanément le Sénégal. Sur ses réseaux sociaux, quelques jours avant son arrestation, il déclarait vouloir «faire face à la Justice de pays aux fins de laver honneur».
Pour le collectif d’avocats assurant sa défense, l’élargissement sous contrôle judiciaire ne représente qu’une mesure d’étape. Ses conseils entendent poursuivre la bataille juridique pour obtenir une ordonnance de non-lieu et blanchir définitivement leur client.
