Le directeur du Patrimoine culturel du Sénégal, M. Oumar Badiane, indique qu’il y a plus de 150 musées nationaux au Sénégal. Leur problème, selon lui, le manque de fiche technique, qui empêche de répertorier leur patrimoine. M. Badiane s’exprimait à Boundiali, en Côte d’Ivoire, lors du Djéguélé Festival.

Par Alioune DIOP – La 10e édition du Djéguélé Festival -Le festival international du balafon- a pris fin ce samedi 4 avril 2026 à Boundiali dans la région de la Baguoué, en Côte d‘ivoire. Entre con­certs, concours et élection de Miss, il y avait les rencontres professionnelles. L’honneur était réservé, ce vendredi 2 avril, à Oumar Badiane, directeur du Patrimoine au ministère de la Culture, de l’artisanat et du tourisme du Sénégal, qui a animé une conférence sur le thème : «Djéguélé Festival entre mémoire, création et transmission : enjeux et perspectives d’un musée dédié aux cultures des peuples du balafon à Boundiali.»

L’assistance était composée d’acteurs culturels, d’intellectuels et de journalistes africains. Pour souligner l’importance de cet instrument millénaire qu’il faut préserver, il dira que le balafon peut dialoguer avec toutes les musiques, avant de rappeler qu’un musée est un rempart contre l’oubli. «Il peut aussi rectifier des incohérences», déclare-t-il, avant d’ajouter : «Ce sont les communautés qui doivent présenter leurs trésors et biens culturels. Souvent, nous leur volons la vedette avec des risques de déformation.» Le balafon à l’ère du numérique est dans l’ordre normal des choses, tout comme les contacts entre les scientifiques et les compétences endogènes, souligne le directeur du Patrimoine, qui préfère un musée physique plutôt qu’un musée virtuel. Pour illustrer ses propos, M. Badiane martèle que la collecte physique des biens culturels est toujours importante. Cela ne l’empêche pas de déplorer l’absence de bases de données dans les musées sénégalais. «Nous avons aux Sénégal 150 musées. Nombre d’entre eux n’ont pas de fiche technique», déplore le gestionnaire du patrimoine.

Son honnêteté intellectuelle le pousse à demander avec beaucoup de retenue et de respect qu’il faut revoir la communication autour de la restitution des biens culturels africains. «C’est comme si on nous a tout pris, alors que l’essentiel du patrimoine africain est bel et bien là», dit Oumar Badiane en souriant, pour suggérer en fin de compte que la communication devrait être articulée d’une autre manière.

Correspondance particulière