Contribuer à l’émergence d’une voix économique africaine forte, crédible et influente, capable de mieux faire comprendre les informations du continent et de renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux. C’est l’ambition de la Plateforme des médias de l’Uemoa (Pdm Uemoa) qui organise, à Dakar, le premier Forum international de la presse économique de l’Afrique de l’Ouest (Fipe Uemoa). Cette première édition a pour thème : «Innover pour l’avenir économique de l’Afrique de l’Ouest.»
Par Justin GOMIS – «Innover pour l’avenir économique de l’Afrique de l’Ouest», tel est le thème de la première édition du Forum international de la presse économique de l’Afrique de l’Ouest (Fipe Uemoa). A travers cette initiative, la Plateforme des médias de l’Uemoa ambitionne de contribuer à «l’émergence d’une voix économique africaine forte, crédible et influente, capable de mieux faire comprendre les informations du continent et de renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux».
«Dans un monde saturé de fausses informations et de stéréotypes, le journalisme économique rigoureux devient une exigence stratégique. Nous devons raconter nous-mêmes l’histoire économique de notre région, mettre en lumière les réussites de nos entreprises, documenter les innovations de nos jeunes entrepreneurs, valoriser les réformes qui produisent des résultats, expliquer les politiques publiques avec rigueur et indépendance, nourrir les débats publics avec professionnalisme. L’Afrique a longtemps été racontée à travers le prisme du scepticisme», explique Léonard Dossou, coordinateur de la Pdm Uemoa.
Ce forum résulte d’une recommandation forte issue d’un colloque tenu à Abidjan en juin 2025, qui appelait à la création d’un cadre permanent de dialogue entre les médias, les décideurs publics et privés, les investisseurs et les acteurs économiques. Il permettra d’échanger sur les enjeux économiques de la sous-région et de valoriser le rôle clé des médias économiques dans la vulgarisation des politiques régionales en direction des populations de l’Uemoa, une Union qui compte aujourd’hui plus de 151 millions d’habitants en 2025, selon la conseillère en communication de la Commission de l’Uemoa, invoquant les derniers chiffres.
Pour Aminata Mbodji, le thème «Innover pour l’avenir économique de l’Afrique de l’Ouest» résonne comme un appel à l’innovation dans la responsabilité. Et d’après elle, «une presse économique libre, rigoureuse et compétente» est la condition sine qua non de l’innovation. «Vos plumes, micros et autres outils de communication seront des instruments de développement aussi pertinents que n’importe quelle infrastructure. C’est dire que l’avenir économique de l’Afrique s’écrira aussi avec vous», a-t-elle déclaré.
«Elever l’infrastructure de l’information économique»
Malgré les défis, l’Afrique regorge d’un énorme potentiel de croissance portée par des ressources naturelles stratégiques… A cet atout, Paul Faye, directeur adjoint du Commerce extérieur, ajoute le dividende démographique, un marché de plus d’un milliard d’habitants. A son avis, l’intégration régionale commerciale peut être un catalyseur pour les entrepreneurs et les entreprises, mais aussi un levier de développement économique et social pour les populations.
«Ce qui nous manque, ce n’est pas le potentiel. Nous l’avons. Ce qui nous manque, c’est la capacité à le raconter avec exactitude et avec des données probantes», indique Pr Thierno Thioune. L’économiste considère ainsi qu’«Innover pour l’avenir économique de l’Afrique de l’Ouest», ce n’est pas adopter de nouvelles technologies. Cela signifie innover dans nos institutions, innover dans la manière dont nous racontons notre économie. Il recommande, en ce sens, d’élever l’infrastructure de l’information économique comme une infrastructure digne de ce nom. Cela permettra de déconstruire les stéréotypes qui font encore percevoir notre région à travers le seul prisme de l’instabilité et de coups d’Etat, et de donner aux décideurs et aux concitoyens les clés de lecture d’une transformation économique réelle.
Paul Faye de préciser que «nos peuples et nos populations ont besoin d’être sensibilisés sur les enjeux de l’heure, notamment sur l’agenda 2050 de l’Afrique que nous voulons, mais aussi sur les opportunités qu’offre l’intégration économique régionale et continentale pour pouvoir assurer la libre circulation des personnes et des biens».
justin@lequotidien.sn

Commentaires (0)
Soyez le premier à réagir.
Se connecter pour commenter