Le Tribunal de grande instance de Dakar a tranché dans le scandale des notes falsifiées qui a ébranlé la Faculté des lettres et sciences humaines (Flsh) de l’Ucad. Reconnu coupable de corruption et de manipulation frauduleuse du système informatique, l’agent administratif Doudou Faye a été condamné à deux ans de prison ferme. Ce verdict, qui frappe également un étudiant complice, vient clore un épisode sombre ayant mis à nu les failles de la sécurisation des données académiques au sein de la première institution universitaire du Sénégal.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Le couperet est tombé. Le Tribunal de grande instance de Dakar a rendu son verdict dans l’affaire de falsification de notes qui a secoué la Faculté des lettres et sciences humaines (Flsh) de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad). Au cœur de ce scandale inédit, un système bien huilé de manipulation de données académiques, impliquant un agent chargé de la gestion des notes et un étudiant complice.

Doudou Faye, présenté comme le cerveau de l’opération, a été condamné à deux ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une amende d’un million de francs Cfa. Chargé de la gestion des notes, il a été reconnu coupable de «corruption», mais aussi «d’accès et de maintien frauduleux dans un système informatique ayant entraîné une modification de données». Une qualification lourde qui traduit la gravité des faits reprochés.

A ses côtés, l’étudiant Victor Mathieu Moundor Diouf écope d’une peine d’un an ferme et d’une amende de 500 mille francs Cfa. Il a été reconnu coupable de complicité pour les mêmes chefs d’inculpation. Selon les éléments du dossier, il aurait bénéficié et facilité certaines manipulations dans le système en contrepartie d’avantages.

L’affaire, révélée il y a plusieurs mois, avait provoqué une onde de choc dans le milieu universitaire. Les enquêtes avaient mis à nu un réseau de falsification de notes en échange d’argent et de faveurs, remettant en cause l’intégrité du système d’évaluation académique. Des aveux accablants avaient même conduit à l’émission de mandats d’arrêt et à des mesures administratives dont le gel des inscriptions de certains étudiants impliqués.

Le verdict vient ainsi marquer un tournant dans cette affaire, envoyant un signal fort contre les dérives au sein des institutions universitaires. Il rappelle surtout que la numérisation des systèmes académiques, si elle offre des opportunités, expose également à des risques de manipulation nécessitant une vigilance accrue.

Au-delà des condamnations, c’est toute la crédibilité du système universitaire qui était en jeu. L’Ucad, déjà fragilisée par des crises récurrentes, devra désormais renforcer ses mécanismes de contrôle pour restaurer la confiance.

Ce scandale restera comme l’un des plus retentissants de ces dernières années dans l’enseignement supérieur sénégalais. Une affaire qui pose avec acuité la question de la gouvernance, de l’éthique et de la sécurisation des données dans les universités.

latifmansaray@lequotidien.sn