Face aux goulots d’étranglement qui freinent le financement des services sociaux de base, un atelier national s’est ouvert à Saly (Mbour). Objectif : outiller les collectivités territoriales pour une optimisation de la mobilisation de leurs ressources propres, afin de briser le cycle de la dépendance vis-à-vis des partenaires extérieurs.

Par Alioune Badara CISS – Comment financer les routes, les écoles ou les structures de santé sans dépendre systématiquement de l’aide extérieure ? C’est le défi majeur qui réunit, depuis hier à Saly, les maires du Sénégal, l’Agence de développement municipal (Adm) et les services fiscaux et financiers de l’Etat. Cet atelier national, organisé dans le cadre du Programme d’appui aux communes et agglomérations du Sénégal (Pacasen), vise à renforcer les capacités des collectivités territoriales en matière de mobilisation de ressources financières.

Pour l’Adm, les compétences transférées par l’Etat aux communes nécessitent des moyens financiers que les autorités locales peinent encore à recouvrer. «Le développement a un coût et les collectivités territoriales font face à des difficultés pour financer l’ensemble des investissements nécessaires, notamment les services sociaux de base dont les populations ont besoin», a expliqué Papa Sambaré Ndiaye, Se­crétaire général de l’Adm. Selon lui, la forte mobilisation des élus à Saly démontre l’urgence cruciale du sujet. L’enjeu est de permettre aux maires de partager leurs expériences pour ac­quérir les équipements indis­pensables et moderniser leurs infrastructures, grâce à une fiscalité locale mieux maîtrisée. Pour ce faire, le ministère de l’Economie, des finances et du plan, ainsi que la Direc­tion générale des Impôts et domaines (Dgid) ont été mobilisés pour accompagner cette transition.

L’autonomie financière, une question de survie

Du côté des élus locaux, le besoin d’autonomie financière est devenu une question de survie administrative. Abdallah Tall, maire de la commune de Mboro, a exprimé sans détour les angoisses de ses pairs face à la faiblesse des fonds propres. «Dans une collectivité, sans recettes, les difficultés s’accumulent. Aujourd’hui, notre préoccupation majeure reste le déficit en fonds propres. Nous comptons beaucoup sur les partenaires, mais devrons-nous continuer ainsi ? Il nous faut impérativement aller vers l’autonomisation», a martelé l’édile de Mboro.

Pour ce dernier, cet atelier de Saly vient à son heure pour permettre aux communes de Dakar, de Thiès et de tout le Sénégal de s’inspirer des bonnes pratiques des unes et des autres : «Il est capital d’asseoir ses propres fonds pour assurer la viabilité de nos communes.»

La dématérialisation comme levier de performance

Pour relever ce défi, l’Etat mise sur la modernisation et la transparence fiscale. Le représentant du Trésor public a rappelé que l’institution accompagne déjà les municipalités pour maximiser leurs recouvrements internes, un impératif pour l’exécution de leurs budgets. «Le Trésor a développé depuis un bon moment la dématérialisation des procédures, en recettes et en dépenses, en concevant des logiciels axés sur la transparence. Cela permet aux populations de s’acquitter de leurs taxes tout en voyant l’impact direct de leur contribution sur le développement local», a indiqué le représentant.

Le Trésor a également mis en place des «chartes de partenariat» avec les municipalités, définissant clairement les obligations de chaque partie. Selon le représentant de l’institution financière, l’application rigoureuse des plans d’actions de ces chartes devrait, à court terme, garantir des niveaux de recouvrement «assez importants» pour propulser durablement le développement à la base.

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