Après huit années d’impact significatif, le projet «Education inclusive et formation professionnelle» de l’Ong Humanity & inclusion (Hi) est arrivé à son terme. Lors de l’atelier de clôture organisé ce mercredi à Diamniadio, la cheffe de projet, Mme Aïcha Diamé Seck, a tiré la sonnette d’alarme : sans un relais immédiat de l’Etat, des dizaines d’enfants en situation de handicap, notamment les élèves sourds, risquent une déscolarisation brutale.
Par Amadou MBODJI – Un risque majeur de déscolarisation pèse sur les personnes vivant avec un handicap. Le constat est sans appel : le retrait du financement menace directement la présence des Auxiliaires de vie scolaire (Avs) dans les classes. Ces accompagnants sont pourtant le maillon essentiel de la chaîne éducative pour les enfants vivant avec un handicap. «Ces Avs sont chargés de traduire les contenus pédagogiques en langue des signes pour les enfants sourds. S’il n’y a plus de financement, nous risquons de perdre ces ressources humaines indispensables. Sans traducteur, ces enfants sont condamnés à quitter le système éducatif», a alerté Mme Aïcha Diamé Seck, cheffe du projet «Education inclusive et formation professionnelle» de l’Ong Humanity & Inclusion (Hi), qui est arrivé à son terme. Elle lance un plaidoyer vibrant pour que l’Etat intègre ces accompagnateurs dans le système de manière pérenne afin d’éviter un retour massif à l’exclusion scolaire.
Des collectivités volontaires mais limitées
Sur le terrain, la mobilisation se poursuit. Plusieurs maires ont manifesté leur volonté d’inscrire la prise en charge des Avs dans leurs budgets locaux. Cependant, des obstacles structurels persistent, notamment dans les zones dépourvues d’écoles officiellement reconnues comme «inclusives».
Pour parer à l’urgence, notamment pour les élèves en classe d’examen comme au collège Matar Seck de Rufisque, l’Ong explore des pistes de financement alternatives. Le soutien des Bajenu Gox et des organisations de personnes handicapées est également sollicité pour maintenir la pression sur les autorités locales et institutionnelles.
Un bilan positif à préserver
Financé par l’Agence française de développement (Afd) et le ministère des Affaires étrangères du Luxembourg, le projet a accompagné 193 enfants et formé 36 Avs entre Dakar et Ziguinchor. Au-delà des chiffres, son impact social est indéniable : il a permis aux enfants en situation de handicap d’évoluer dans un environnement scolaire épanoui. Pour la professionnalisation du secteur, les Avs ont été formés pour devenir des acteurs-clés de l’enseignement. Dans le cadre de la gouvernance, le projet a facilité la création d’un comité intersectoriel et l’élaboration d’un plan de politique pour l’éducation inclusive.
L’espoir d’un portage étatique
Malgré l’inquiétude, une lueur d’espoir subsiste. Le Secrétaire général du ministère de l’Education a réitéré l’engagement des autorités à accorder une attention particulière à ce dossier. «Les promesses entendues sont fortes. L’objectif est de sécuriser le parcours de ces enfants et de faire en sorte que les Avs restent dans le circuit», a conclu Mme Seck. L’enjeu est désormais de transformer ces engagements en actes concrets pour ne pas briser l’élan de huit années de progrès vers une école pour tous.
ambodji@lequotidien.sn

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