Peut-on marier les rythmes ancestraux du mbalax avec l’Intelligence artificielle ? C’est le défi du Femua 18 qui, sous le parrainage de Kandia Camara, invite Youssou Ndour pour porter une réflexion sur l’avenir technologique de la culture africaine. Un rendez-vous où les algorithmes rencontreront le génie humain pour une édition placée sous le signe de l’opportunité. Après Baba Maal et Pape Diouf, c’est au tour du «roi du mbalax» de faire vibrer Anoumabo. Pour sa première participation au festival, Youssou Ndour mène une délégation artistique de haut vol à Abidjan, confirmant le lien indéfectible entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire au cœur du plus grand rassemblement de musiques urbaines du continent.
L’Intelligence artificielle au cœur des débats, mais l’émotion humaine au sommet de l’affiche. Pour sa 18e édition, le Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua) frappe un grand coup en invitant la légende sénégalaise Youssou Ndour. Du 28 avril au 3 mai 2026, la capitale ivoirienne vibrera au rythme d’une programmation prestigieuse, entre enjeux technologiques et célébration des patrimoines musicaux du continent. Le lancement officiel du Femua 18 s’est tenu ce mardi 24 mars au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan, dévoilant un programme à la hauteur des ambitions du Commissariat général. Cette année, le festival explore un thème brûlant d’actualité : «Intelligence artificielle : opportunité ou menace pour l’Afrique ?»
L’annonce a suscité un vif enthousiasme : le «roi du mbalax» est la tête d’affiche de cette édition. C’est une grande première pour le lead-vocal du Super Etoile, qui est particulièrement attendu sur la grande scène de l’Institut national de la jeunesse et des sports (Injs). Le Sénégal confirme ainsi son lien privilégié avec le festival d’A’salfo, après les passages remarqués de Baba Maal en 2023 (Femua 15), et de Pape Diouf en 2021 (Femua 13), année où le pays de la Teranga était l’invité d’honneur.
Une constellation de stars africaines et internationales
La programmation artistique officielle fait la part belle à la diversité. Aux côtés du «roi du mbalax», le public pourra retrouver : Fatoumata Diawara (Mali), Dena Mwana (Rd Congo), Black M (France) et le groupe Zouglou Les Garagistes. La scène ivoirienne sera dignement représentée par Didi B et Roseline Layo, qui font leur retour après leurs prestations de 2023. De grands noms comme Meiway et Kedjevara, déjà présents en 2021, signent également leur retour dans ce rendez-vous incontournable des musiques contemporaines.
Un festival engagé et multidimensionnel
Placée sous le parrainage de Mme Kandia Camara, présidente du Sénat ivoirien, cette 18e édition reste fidèle à sa vocation sociale et éducative. Au-delà des concerts, le Femua 18 déploiera ses volets habituels : actions sociales et communautaires, Carrefour Jeunesse, Femua Kids, ainsi que les sections Sport et Traditionnel. Nouveauté en phase avec le thème de l’année, un Village technologique sera également mis en place pour approfondir la réflexion sur l’impact du numérique en Afrique.
L’Ia au Femua : Un tournant technologique pour la musique africaine
En choisissant le thème «Intelligence artificielle : opportunité ou menace pour l’Afrique», le Femua 18 s’inscrit au cœur des mutations mondiales du secteur créatif. L’édition de cette année, lancée officiellement le 24 mars 2026 au Sofitel Hôtel Ivoire, propose une réflexion cruciale à travers son Village technologique.
Une opportunité de rayonnement ? Pour les artistes africains, l’Ia représente un levier potentiel pour optimiser la production et la distribution numérique. Au-delà des performances attendues de Youssou Ndour ou Fatoumata Diawara, le festival soulignera comment les outils technologiques peuvent aider à archiver les patrimoines sonores ou à toucher de nouveaux marchés internationaux. Une menace pour l’authenticité ? A l’inverse, le débat portera sur les risques liés aux droits d’auteur et à la «dilution» de l’identité musicale. La présence de la marraine de l’édition, Mme Kandia Camara, présidente du Sénat, souligne l’importance de la régulation politique face à ces outils qui peuvent transformer radicalement le métier de créateur.
Un laboratoire d’idées à ciel ouvert entre le Carrefour Jeunesse et les concerts à l’Injs, le festival cherchera des réponses concrètes. L’objectif est de s’assurer que l’Ia serve de tremplin aux talents comme Didi B ou Roseline Layo, sans pour autant dénaturer l’âme de la musique contemporaine africaine.
Par ALIOUNE DIOP (Correspondance
particulière)
