A l’occasion de la 31ème édition de sa «descente spirituelle», le mouvement «Nabi Allah» rend hommage à son fondateur, Mohamed Seyni Guèye dit «Sangabi». A travers une exposition photographique inédite orchestrée par la curatrice Astou Sall, les fidèles découvrent des archives rares retraçant l’appel de 1977 et les liens profonds tissés par le guide avec les grandes confréries du Sénégal. Un véritable voyage au cœur du dialogue interreligieux et de l’histoire architecturale de la Mosquée de la Divinité.

Par Amadou MBODJI – C’est une immersion fascinante dans l’histoire de la spiritualité sénégalaise. Depuis ce vendredi 27 mars, la Mosquée de la Divinité accueille la 8ème édition de l’exposition photo consacrée au mouvement «Nabi Allah» et à son fondateur, Mouhamed Seyni Guèye, affectueusement appelé «Sangabi». L’événement, qui s’est clôturé ce samedi 28 mars, coïncide avec la célébration de la 31ème édition de la «descente spirituelle» du guide. Un dialogue entre les voix spirituelles !

Sous le thème «Le mouvement Nabi Allah, dialogue avec les voix spirituelles du Sénégal», la curatrice Astou Sall a rassemblé des clichés exclusifs. Ces images témoignent de la démarche d’ouverture de «Sangabi» qui, dès son appel en 1977, a œuvré pour un retour aux principes fondamentaux de l’islam, tout en cultivant la fraternité entre les communautés. «L’objectif est de relater cette histoire et de montrer la richesse du Sénégal, où toutes les communautés se respectent. Ce dialogue, basé sur la fraternité, est essentiel», a expliqué Astou Sall après la prière du vendredi. L’exposition retrace ainsi les rencontres marquantes de «Sangabi» avec des figures de proue comme Serigne Abdou Lahad Mbacké, Serigne Saliou Mbacké, ainsi que ses liens étroits avec Tivaouane, Thiénaba, ou encore la communauté layène, à laquelle il était lié par le sang.

La Mosquée de la Divinité : un chef-d’œuvre participatif

Au-delà de la figure du fondateur, l’exposition lève le voile sur l’épopée de la construction de la Mosquée de la Divinité. Véritable joyau de Ouakam, cet édifice est le fruit d’un effort collectif sans précédent. «Nous n’avons reçu aucun soutien de l’Etat ou de l’extérieur. Tout a été réalisé par les fidèles et les bonnes volontés», rappelle la curatrice. Les photos montrent ainsi des hommes, des femmes et des enfants participant au chantier, sous la direction de l’architecte Cheikh Ngom. Une section permanente de l’exposition permet d’ailleurs de suivre les étapes de cette construction, de la première pierre à l’achèvement du cabinet d’études.

L’événement est aussi l’occasion de saluer la mémoire des figures emblématiques ayant accompagné le mouvement telles que le Grand Serigne de Dakar, Bassirou Diagne, ou des érudits comme Pape Ibrahima Sakho et Cheikh Omar Bèye. Un hommage aux compagnons de route.

A travers ce parcours iconographique, le mouvement «Nabi Allah» ne se contente pas de regarder vers le passé ; il réaffirme les valeurs de tolérance et de vivre-ensemble qui font la singularité du modèle religieux sénégalais.

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