L’artiste plasticien et professeur d’arts visuels, Momar Seck, a investi la librairie Aux Quatre Vents de Dakar pour le vernissage de son exposition intitulée «L’Envol». Entre peintures, structures symboliques et la présentation de son dernier ouvrage Poétique, ce Sénégalais établi en Suisse explore les thèmes de la liberté, de la transmission et de la protection de l’environnement.
Par Amadou MBODJI – Le rendez-vous était donné samedi dernier. Dans le cadre feutré de la librairie Aux Quatre Vents, Momar Seck a procédé au vernissage de son exposition «L’envol», qui se tiendra durant trois semaines. Artiste plasticien reconnu, mais aussi professeur d’arts visuels à Genève, Momar Seck propose ici une réflexion profonde sur le mouvement et le message.
Des oiseaux et des bouteilles : symboles de liberté
Le concept de «L’envol» repose sur un dialogue entre deux figures centrales : l’oiseau et la bouteille. Pour l’artiste, l’oiseau incarne une passion d’enfance et l’élan vers la liberté, tandis que la bouteille devient le réceptacle de la transmission. «J’ai toujours été passionné par les oiseaux. L’élan de liberté, c’est avant tout l’envol. Mais il y a aussi ce retour vers la bouteille, qui a toujours été un élément porteur de message, comme le célèbre titre «Message in a Bottle»», explique-t-il. A travers ses œuvres, il rend également hommage à l’environnement, intégrant des représentations animales et végétales pour souligner notre lien indéfectible avec la nature.
«Poétique» : déshabiller la démarche artistique
En marge de l’exposition, Momar Seck a présenté son livre intitulé Poétique. Loin d’être un simple recueil de poèmes, cet essai est une immersion technique dans la création. «La poétique, c’est la manière de faire. C’est l’ensemble des choses que l’on fabrique : le collage, l’association, la structure. Cet ouvrage explique comment un travail artistique se met en place», précise le professeur. Par cet écrit, l’auteur souhaite encourager les artistes à allier création et réflexion théorique, prouvant que l’art et la littérature sont indissociables.
Déconstruire les clichés
Citoyen du monde installé à Genève depuis 2003, Momar Seck soigne autant son discours que son apparence. En arborant ses «beaux habits», il s’attache à déconstruire l’image d’Epinal de l’artiste «fou» ou marginal. Pour ce docteur de l’Université de Strasbourg et chef de département à l’Ecole Internationale de Genève, l’artiste est avant tout un intellectuel et un bâtisseur de ponts.
Formé à l’Ecole nationale des arts de Dakar, avant de poursuivre son cursus en Suisse et en France, Momar Seck s’affirme aujourd’hui comme un véritable passeur de savoirs dont l’œuvre -à l’image de L’Albatros de Baudelaire- cherche sans cesse à prendre de la hauteur.
ambodji@lequotidien.sn
